Malgré son interdiction officielle depuis septembre 2025, le sac plastique à usage unique reste omniprésent dans les marchés gabonais. Entre logique économique, habitudes de consommation et faibles contrôles, cette mesure environnementale peine à produire les effets attendus.
Dans les rues des différentes communes, Libreville, Owendo ou Akanda, les sacs plastiques continuent d’accompagner les achats quotidiens. Fruits, légumes, chaussures ou produits divers : ils restent la solution la plus simple et la plus demandée, aussi bien par les commerçants que par les clients. Ce décalage entre la loi et la réalité soulève une question centrale : qu’est-ce qui empêche réellement l’application effective de cette mesure environnementale ?
Cette persistance pourrait s’expliquer en grande partie par des réalités économiques. Moins coûteux que les alternatives écologiques, les sacs plastiques s’imposent comme un choix pratique pour les petits vendeurs, qui fonctionnent souvent avec des marges réduites et peu de moyens de transition.
Des question se posent, comment expliquer la persistance du phénomène si les dispositifs de surveillance et de sanction sont censés être en place ? L’absence de contrôles visibles ou réguliers semble affaiblir la portée de l’interdiction et favoriser un retour discret du produit sur le marché.
À cela s’ajoute une chaîne d’approvisionnement qui ne s’est jamais réellement interrompue. Les grossistes continuent de fournir ces emballages, alimentant un circuit parallèle difficile à contrôler et qui s’adapte rapidement aux restrictions.
Au-delà du simple constat, cette situation met en évidence les limites de l’application des politiques publiques environnementales. Entre texte de loi et réalité du terrain, l’écart demeure important, laissant le sac plastique circuler malgré son interdiction officielle.
Cette situation pose une question plus large sur la mise en œuvre des politiques publiques environnementales. Une loi suffit-elle à transformer des pratiques profondément ancrées, ou faut-il repenser les stratégies d’accompagnement pour qu’une transition écologique soit réellement possible ?