À Libreville, le carrefour d’Awendjé n’existe plus que dans la mémoire collective. Il porte désormais le nom du Dr Marcel Eloi Rahandi Chambrier, figure majeure de la médecine et de la vie politique gabonaises. Ce changement, officialisé le 27 novembre 2025 à l’occasion du cinquième anniversaire de sa disparition, marque la volonté du pays de célébrer l’héritage d’un homme qui a consacré sa vie au progrès national.
Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a personnellement présidé l’hommage, après un moment de recueillement au mausolée familial d’Ossengué. La cérémonie, à la fois solennelle et empreinte d’émotion, s’est tenue autour du mythique rond-point d’Awendjé, désormais associé au nom du premier pédiatre gabonais. Le dévoilement de la stèle commémorative, accompagné de témoignages et d’allocutions, a rappelé l’empreinte laissée par le Dr Chambrier dans le paysage médical du pays. Formé au Gabon puis en France, il avait ouvert en 1967 la première clinique privée du Gabon, un établissement qui demeure une référence nationale. Avant cela, il avait déjà marqué l’histoire dès 1963 en devenant le premier spécialiste de pédiatrie du pays.
Mais l’influence du Dr Chambrier ne s’est pas limitée aux sciences médicales. Homme d’État, ministre à plusieurs reprises, il fut également président de l’Assemblée nationale de 1993 à 1996. Visionnaire, il participa à la construction du Pont d’Awendjé et joua un rôle déterminant dans le développement de la zone qui deviendrait plus tard la cité d’Awendjé, portant un nom synonyme de paix et de tranquillité en langue omyénè. Son œuvre, transversale et durable, continue d’imprégner l’organisation moderne de Libreville.
Au nom de la famille, Alexandre Barro Chambrier a salué un geste présidentiel qui, selon lui, témoigne de l’estime accordée à ceux qui ont contribué à façonner la nation. Pour le palais présidentiel, le baptême du Carrefour Dr Marcel Eloi Rahandi Chambrier s’inscrit dans une démarche plus large : préserver la mémoire des bâtisseurs du pays, honorer les figures historiques et rappeler les valeurs de cohésion, d’unité et de mérite qui constituent le socle de l’identité gabonaise. À travers cette reconnaissance, Libreville ancre dans son espace public un hommage destiné à traverser les générations.