Le rejet du budget du maire analysé comme une « motion de censure de fait »

Le rejet massif du budget primitif du maire de Libreville par un conseil municipal pourtant dominé par sa propre majorité continue de susciter de vives réactions. Pour Maître Marlène Fabienne Essola Efountame, cette situation dépasse largement le cadre d’un simple désaccord technique, elle s’apparente à une véritable « motion de censure de fait », révélatrice d’une crise politique et institutionnelle profonde.

Pour Maître Marlène Fabienne un tel rejet entraîne un blocage institutionnel immédiat. La commune se retrouve dans l’incapacité d’engager de nouvelles dépenses d’investissement, se limitant uniquement aux charges de fonctionnement courant. Dans ce sens, plusieurs mécanismes peuvent être envisagés, une procédure de conciliation ou une seconde lecture du budget. En cas de persistance du désaccord, l’autorité de tutelle notamment le gouverneur ou le ministre de l’Intérieur peut intervenir par un règlement d’office afin d’assurer la continuité du service public, ce qui équivaut à constater une carence du maire.

Cette intervention administrative aurait pour conséquence directe de dessaisir l’édile de ses priorités politiques. Le budget, désormais encadré par l’État, serait réduit à l’essentiel fonctionnel, limitant fortement toute ambition de développement local. Par ailleurs, la situation pourrait évoluer vers des mesures plus graves, telles que la suspension du maire ou même la dissolution du conseil municipal, si le blocage venait à compromettre durablement le fonctionnement de la commune.

Politiquement, Maître Essola Efountame parle d’un véritable désaveu infligé au maire par son propre camp. Le rejet du budget, intervenu jeudi dernier, constitue selon elle un « séisme politique » montrant une fracture interne majeure. Elle met en cause une gouvernance jugée trop verticale, estimant que la désignation du maire par le sommet de l’État ne suffit pas à garantir sa légitimité auprès des élus locaux. La rupture de confiance entre les différentes composantes de la majorité municipale apparaît désormais clairement établie.

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Plusieurs explications sont avancées pour comprendre cette fronde, un manque de concertation dans l’élaboration du budget, des tensions autour de la redistribution des ressources ou encore un message politique adressé aux plus hautes autorités. L’avocate estime que cette crise fragilise durablement le maire, désormais contraint de négocier chaque décision. Trois issues principales se dessinent telle qu’une démission, un remaniement de l’exécutif municipal ou un arbitrage du pouvoir central. Dans tous les cas, elle insiste sur l’urgence d’éviter une paralysie de Libreville, dont les conséquences seraient lourdes pour les citoyens et pour l’image des institutions.

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