Gaz naturel : le Gabon amorce un virage stratégique à 560 milliards de FCFA

Le Gabon s’apprête à écrire un nouveau chapitre de son histoire énergétique. Longtemps concentré sur l’exploitation pétrolière, le pays amorce une transition décisive vers le gaz naturel liquéfié (GNL). Avec un investissement colossal estimé à 560 milliards de FCFA (environ 1 milliard de dollars), porté par la société Perenco en partenariat avec Gabon Oil Company (GOC), le projet vise la construction d’une usine de GNL à Port-Gentil, sur le site stratégique du terminal pétrolier du Cap Lopez. Une ambition nationale qui devrait permettre au Gabon de s’installer durablement dans le cercle restreint des exportateurs africains de gaz.

Cette nouvelle infrastructure, à fort potentiel économique et environnemental, devrait produire jusqu’à 700 000 tonnes de GNL par an. Au-delà de l’exportation, l’usine servira également à sécuriser l’approvisionnement national en gaz butane, souvent sujet à des tensions de distribution dans les zones urbaines comme rurales. C’est donc un double objectif que poursuit ce partenariat : assurer l’autosuffisance énergétique intérieure tout en positionnant le Gabon comme un fournisseur fiable sur le marché international du gaz.

L’annonce a été officialisée à l’issue d’une audience tenue au palais présidentiel entre le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, et François Perrodo, président du groupe Perenco. Ce dernier a salué la vision du président gabonais, qui a appelé à mutualiser les ressources gazières à l’échelle nationale. « Il ne s’agit plus seulement des gisements de Perenco, mais de faire des ressources gazières un levier collectif de développement », a déclaré François Perrodo à la presse.

Jusqu’ici, le gaz associé à l’extraction du pétrole était systématiquement brûlé par torchage, une pratique coûteuse et fortement émettrice de CO₂. Ce changement de paradigme marque donc un tournant aussi bien économique qu’écologique. En valorisant ce gaz, longtemps gaspillé, le Gabon pourrait non seulement accroître ses recettes, mais également réduire significativement son empreinte carbone, conformément à ses engagements climatiques.

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Reste à mieux connaître les réserves réelles du sous-sol gabonais, encore peu documentées. Mais pour de nombreux analystes du secteur, le potentiel est réel, et l’investissement de Perenco constitue un signal fort de confiance. Le projet, une fois opérationnel, pourrait générer des milliers d’emplois directs et indirects, stimuler les industries connexes, et redéfinir la place du Gabon dans la transition énergétique mondiale. Un pari audacieux, mais stratégique.

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