Réuni ce Jeudi 30 avril 2026, sous la présidence du Chef de l’État, le Conseil des ministres a dressé un bilan lucide de l’action gouvernementale, marquant le passage de « l’An 1 » de la refondation à une nouvelle phase désormais orientée vers les résultats concrets. Si des avancées ont été relevées, notamment en matière de restauration de la crédibilité institutionnelle et de relance de la souveraineté économique, les autorités reconnaissent que ces progrès restent insuffisants au regard des attentes sociales.
Selon le communiqué final rendu public par la Présidence de la République, le Chef de l’État a insisté sur les fragilités persistantes du système. Les équilibres institutionnels demeurent précaires, tandis que la soutenabilité budgétaire reste fragilisée par un niveau d’endettement élevé. Plus préoccupant encore, l’impact social des réformes engagées demeure limité, les conditions de vie des populations, le pouvoir d’achat et l’emploi n’ayant pas encore connu d’amélioration significative. Ce constat appelle, selon lui, à une accélération de l’action publique et à une exigence accrue de résultats.
Parmi les textes examinés, plusieurs projets de décrets et de lois traduisent la volonté de structurer davantage l’action de l’État. L’une des mesures phares concerne l’institution de la fonction de chef de quartier en République gabonaise. Ce texte vient combler un vide juridique en donnant un statut officiel à une fonction jusqu’ici exercée de manière informelle. Désormais, le chef de quartier est reconnu comme un auxiliaire de l’administration municipale, désigné par arrêté du maire, après consultation des notables et enquête de moralité, pour un mandat de cinq ans renouvelable.
Le projet encadre strictement l’accès à cette fonction de proximité, avec des conditions précises, notamment la résidence durable dans le quartier, la nationalité gabonaise, un âge minimum requis et une exigence de bonne moralité. Il définit également ses missions, qui couvrent les volets administratif, social, sécuritaire et foncier, confirmant ainsi son rôle d’interface entre les populations et l’administration.
D’autres réformes d’envergure ont été validées, dont la création d’un atelier de confection des uniformes des Forces de défense et de sécurité, destiné à renforcer l’autonomie logistique de l’État en matière d’équipement. Le Conseil a également entériné la mise en place du Comité national de la dette publique (CNDP), organe chargé de coordonner, contrôler et orienter la politique d’endettement dans un contexte de fortes contraintes budgétaires. À cela s’ajoute l’adoption du Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030, structuré autour de la consolidation des bases économiques, de la transformation structurelle et de la promotion d’une prospérité partagée.
À travers ces décisions, le Conseil des ministres affiche une volonté claire de transformation de l’action publique et de renforcement de l’État. Toutefois, au-delà des textes adoptés, le Chef de l’État a rappelé une exigence centrale : celle de l’efficacité. L’heure est désormais à la mise en œuvre rigoureuse des réformes et à l’obtention de résultats tangibles, capables de répondre aux attentes des populations et de restaurer durablement la confiance dans l’action publique.