Barreau du Gabon : polémique sur l’ajournement de Peter Stephen Assaghle

L’affaire fait réagir dans les milieux juridiques. Peter Stephen Assaghle, docteur en droit et avocat déjà inscrit au Barreau de la Drôme en France, affirme avoir vu sa demande d’inscription au Barreau du Gabon ajournée par le Conseil de l’Ordre, en dépit des textes qui, selon lui, lui garantissent ce droit.

Après avoir intégré l’École des Avocats de Marseille et obtenu le Certificat d’Aptitude à la Profession d’Avocat (CAPA), il a prêté serment le 6 mars 2023 devant la Cour d’appel de Grenoble, ce qui lui a permis d’intégrer le Barreau de la Drôme. En novembre 2024, il décide de rentrer au Gabon et de poursuivre sa carrière au sein du Barreau national. C’est dans ce cadre qu’il a entrepris des démarches auprès de l’Ordre des Avocats.

Un bras de fer administratif

Dès décembre 2024, sa première tentative de dépôt de dossier se heurte à une difficulté inattendue. Le secrétariat de l’Ordre lui oppose une suspension des inscriptions, sans qu’aucune décision officielle n’ait été rendue publique. Plusieurs mois plus tard, en juin 2025, la situation demeure inchangée.

Le juriste raconte qu’à deux reprises, son dossier a été refusé par le secrétariat. Un premier dépôt n’aurait pas été reçu sur instruction du Bâtonnier, malgré un accusé de réception provisoire. « En tout état de cause, cela a bien confirmé qu’il n’y avait aucune décision officielle de suspension des inscriptions », affirme-t-il.

Une décision contestée

Finalement, le 9 août 2025, il reçoit notification d’une décision du Conseil de l’Ordre, datée du 9 juillet, ajournant sa demande d’inscription. Une décision qu’il juge « en totale contradiction avec la loi, sans aucun fondement juridique, et qui constitue une négation manifeste » de ses droits.

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Pour appuyer son argumentation, il cite plusieurs articles de la loi n°013/2014 régissant la profession d’avocat au Gabon. L’article 19 prévoit notamment que « peuvent également postuler à la profession d’avocat les avocats de nationalité gabonaise inscrits au Grand Tableau d’un Barreau étranger », tandis que l’article 25 dispense ces derniers de toute obligation de stage.

Vers un contentieux ?

Ce dossier pose une question de fond, celle de l’interprétation et de l’application des textes régissant la profession d’avocat au Gabon. Peter Stephen Assaghle entend poursuivre sa démarche et exposer publiquement les faits « tels qu’ils se sont réellement déroulés ». L’affaire pourrait ainsi ouvrir un débat plus large sur la gouvernance du Barreau et sur la transparence des procédures d’inscription, dans un contexte où la diaspora gabonaise manifeste un intérêt croissant pour un retour au pays.

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