Déchets électroniques : un défi mondial au cœur de la 17ème Conférence internationale de Bâle

Chaque année, des millions d’appareils électriques et électroniques devenus obsolètes ou défectueux sont jetés, générant d’importants volumes de déchets électroniques (DEEE). Ces déchets, s’ils ne sont pas traités correctement, représentent une menace sérieuse pour l’environnement et la santé humaine. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les DEEE constituent le flux de déchets solides qui connaît la croissance la plus rapide au monde, progressant trois fois plus vite que la population globale. Face à ce constat, la 17ᵉ réunion de la Conférence des Parties à la Convention de Bâle s’est ouverte à Genève ce 28 avril 2025, pour traiter, entre autres, de la gestion de ces déchets dangereux.

La problématique est exacerbée par la surconsommation, l’obsolescence technologique, et surtout par le trafic illégal de déchets électroniques. De nombreux pays riches continuent d’exporter leurs équipements défectueux vers des régions pauvres, notamment en Afrique, en les présentant comme des appareils d’occasion. Ce commerce illicite, facilité par une application laxiste des réglementations internationales, a de graves conséquences sanitaires et environnementales : contamination des sols, de l’air et de l’eau, exposition des populations locales à des substances toxiques.

Le constat est alarmant : selon les Nations Unies, 62 millions de tonnes de déchets électroniques ont été produites en 2022, un volume qui pourrait atteindre 82 millions de tonnes d’ici 2030. Pourtant, seulement 22 % de ces déchets sont recyclés, le reste s’accumulant principalement en Afrique, où les moyens de traitement sont souvent rudimentaires et dangereux. Malgré l’interdiction stricte de l’exportation de déchets dangereux entre pays depuis l’entrée en vigueur de la Convention de Bâle en 1992, les infractions persistent.

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Face à cette urgence mondiale, les participants à la Conférence de Bâle insistent sur la nécessité de renforcer les lois, d’investir dans des infrastructures de recyclage adaptées, de stimuler l’innovation technologique et de sensibiliser davantage les consommateurs. Pour les pays africains, en particulier, l’enjeu est vital : il s’agit non seulement de protéger les écosystèmes locaux, mais aussi de préserver la santé publique contre une pollution silencieuse, mais dévastatrice.

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