ENAM : Quand la rue devient l’amphithéâtre du désespoir étudiant

Ce mardi matin, la voie publique du PK9 s’est transformée en tribune. Des dizaines d’étudiants de l’École Nationale d’Arts et Manufactures (ENAM) sont descendus dans la rue pour réclamer ce qu’ils considèrent comme un droit fondamental : le versement de leurs bourses d’études. L’action, débutée dans le calme, a vite pris une tournure plus tendue, perturbant la circulation et provoquant l’intervention des forces de l’ordre.

Au-delà de l’incident, cette manifestation soulève des questions plus profondes : dans quelle société les étudiants doivent-ils bloquer les routes pour recevoir une aide censée les accompagner dans leur parcours académique ? Pourquoi les canaux institutionnels semblent-ils si souvent sourds aux détresses étudiantes ?

Le ministère de la Culture et des Arts, a engagé un dialogue avec les représentants des élèves à la suite des événements. Mais ce dialogue aurait-il eu lieu sans la pression de la rue ? Ce n’est pas la première fois que des mouvements étudiants émergent dans l’espace public à Libreville, et malheureusement, ce n’est probablement pas la dernière.

Ce nouvel épisode rappelle cruellement que la promesse d’un renouveau éducatif au Gabon souvent mise en avant par les autorités qui ne peut se limiter à la réhabilitation des bâtiments ou à l’embellissement des amphithéâtres. Les véritables fondations de l’école républicaine sont humaines : étudiants écoutés, enseignants soutenus, institutions réactives.

Il y a quelques jours à peine, l’on célébrait au PK11 la rénovation de l’amphithéâtre de l’ENA/EPCA. Un symbole fort. Mais pendant ce temps, à l’ENAM au PK9 c’est dans la rue que se joue le quotidien des étudiants.

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