À Libreville, le contrôle routier est en train de changer de visage. Avec l’installation progressive des caméras sur plusieurs axes de la capitale, les infractions pourront bientôt être relevées à distance, à partir d’images, puis traitées par un système de verbalisation. Une évolution qui doit d’abord améliorer la sécurité routière.
Excès de vitesse, feu rouge non respecté, mauvais stationnement, l’objectif est de mieux encadrer la circulation et de rappeler à chacun ses responsabilités sur la route. Mais au-delà de cet objectif, une question mérite d’être posée, cette nouvelle technologie peut-elle aussi réduire les pratiques informelles qui entourent parfois les contrôles routiers ?
Pour les taximen, un arrêt sur la route peut vite devenir une perte de temps. Et lorsqu’il débouche sur le versement d’une somme d’argent sans reçu ni procédure clairement expliquée, c’est une dépense de plus dans une journée déjà difficile. Ces petits montants, répétés au fil des jours, peuvent peser sur les recettes des chauffeurs.
La vidéo-verbalisation peut apporter plus de clarté. Lorsqu’une caméra constate une infraction, elle doit permettre d’identifier le véhicule, de préciser le fait reproché et de transmettre une sanction selon une procédure officielle. En principe, l’infraction est documentée. L’amende est connue. Le paiement doit laisser une trace.
Ce système pourrait donc limiter les discussions et les arrangements au bord de la route. Encore faut-il qu’il soit bien organisé. Les conducteurs devront savoir comment ils reçoivent leurs contraventions, où ils peuvent payer et comment contester une erreur. Les règles doivent être simples, les montants officiels et les procédures accessibles.
Les caméras ne résoudront pas tout. Mais si elles sont utilisées avec rigueur et transparence, elles peuvent faire plus que surveiller les routes. Elles peuvent contribuer à rendre les contrôles plus justes et plus lisibles pour tous.