Au Palais des sports de Libreville, la remise d’agréments à treize fédérations sportives pourrait sembler n’être qu’une formalité administrative. Pourtant, en coulisses, c’est une crise de gouvernance que le Gabon tente de résoudre avec en ligne de mire la crédibilité de tout son écosystème sportif.
Car cette opération, menée par François Ndong Obiang et Adrien Nguema Mba, intervient après un blocage majeur : la suspension du processus électoral à la tête de la Fédération gabonaise de football. Un signal d’alerte fort, révélateur de dysfonctionnements profonds, où l’absence de conformité administrative a paralysé l’une des institutions sportives les plus influentes du pays.
En régularisant en urgence des fédérations comme la Fegafoot, la Fegavolley ou encore la Fegajudo, les autorités ne font pas que distribuer des documents, elles tentent de restaurer un minimum de légitimité dans un système fragilisé par des années d’approximation administrative et de gouvernance contestée.
Mais la question reste entière est-ce que cette mise en conformité suffira-t-elle à rétablir la confiance ? Dans de nombreux pays, les crises sportives naissent moins d’un manque de talents que d’un déficit de structures solides, transparentes et indépendantes. Le Gabon ne fait pas exception.
Le choix d’un guichet unique pour accélérer les procédures traduit une volonté politique d’aller vite. Peut-être trop vite, diront certains observateurs, qui redoutent une régularisation de façade sans réforme de fond. Car au-delà des statuts et récépissés, c’est la culture de gestion, la transparence financière et l’organisation des compétitions qui sont en jeu.
La suite du processus notamment la régularisation des associations liées au collège électoral puis celle de l’ensemble du tissu sportif sera déterminante. Elle dira si le Gabon engage une véritable refondation ou s’il se contente d’éteindre un incendie institutionnel.