La situation des droits humains au Gabon continue de susciter de vives inquiétudes sur la scène internationale. Réunis à l’occasion de la 84e session du Comité des Nations unies contre la torture, des experts onusiens ont pointé du doigt la persistance de pratiques préoccupantes, malgré le changement de régime intervenu en août 2023.
Selon un rapport conjoint de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et d’ONG nationales, les violences imputées aux forces de sécurité, les arrestations arbitraires et les détentions en dehors de tout cadre légal demeurent une réalité. Ces constats ont été présentés devant les autorités gabonaises, qui assurent toutefois vouloir poursuivre les réformes engagées.
Parmi les points les plus alarmants figure la surpopulation carcérale, particulièrement à la prison centrale de Libreville, où le taux d’occupation oscillerait entre 400 % et 700 %. Dans certains cas, des détenus attendent leur procès depuis une décennie, voire plus, illustrant les lenteurs persistantes du système judiciaire.
Les experts dénoncent également une forme « d’impunité généralisée » ainsi que l’existence de lieux de détention non reconnus officiellement, à l’image de la Direction générale des contre-ingérences et de la sécurité militaire, plus connue sous le nom de « B2 ». Des pratiques qui, selon eux, fragilisent davantage l’État de droit.
Face à ces critiques, les autorités gabonaises mettent en avant leur volonté d’améliorer le cadre législatif et institutionnel. Des réformes seraient en cours, notamment pour réduire la durée des détentions préventives et renforcer le rôle de la Commission nationale des droits de l’homme. Reste à savoir si ces engagements se traduiront concrètement sur le terrain.