Sous ses airs de retraité paisible, J-P.O., 72 ans, cachait un visage bien plus sombre. L’ancien militaire, respecté dans la localité de Mponwana, dort désormais derrière les barreaux de la prison centrale de Lambaréné. Il est accusé d’avoir transformé la vie d’une fillette de 12 ans en un véritable enfer.
Tout bascule le 2 avril dernier. À Mponwana, une petite bourgade située à moins d’une heure de Lambaréné, une mère de famille remarque avec effroi que sa fille de 12 ans peine à se déplacer. Les questions s’enchaînent, la pression monte, et l’enfant finit par craquer.
Le récit est glaçant : elle désigne « Papy », un retraité des Forces de défense et de sécurité (FDS) de 72 ans, comme son bourreau. Pour s’assurer de son silence, le septuagénaire aurait usé de menaces de représailles, comptant sur son aura d’ancien militaire pour terrifier sa jeune victime.
Une interpellation musclée par voie fluviale
Dès la plainte déposée à l’antenne provinciale de la Police judiciaire (PJ) de Lambaréné, les enquêteurs n’ont pas perdu une seconde. C’est par voie fluviale qu’ils ont rallié Mponwana pour cueillir le suspect le jour même.
Si, lors de son audition, J-P.O. a nié en bloc les viols répétés et les actes de sodomie, les preuves scientifiques l’ont rapidement rattrapé. Le certificat médical versé au dossier est sans appel, il confirme l’horreur des violences sexuelles subies par la petite victime.
« Je jouais avec l’enfant » : la défense lunaire du suspect
Présenté devant le juge d’instruction le 6 avril, l’ancien soldat a maintenu sa ligne de défense, niant toute agression sexuelle. Toutefois, il a concédé une déclaration qui a fait bondir les parties civiles, admettant avoir « l’habitude de jouer avec l’enfant ». Une familiarité déplacée pour cet homme qui n’a aucun lien de parenté avec la victime et qui utilisait sa respectabilité pour approcher sa cible.
Le mandat de dépôt comme premier acte de justice
Face à la gravité extrême des chefs d’accusation viol aggravé et actes de sodomie sur mineure la justice n’a pas tremblé. J-P.O. a été placé sous mandat de dépôt à la prison centrale de Lambaréné.
Dans le village, c’est la stupeur. Celui que tout le monde appelait affectueusement « Papy » doit maintenant faire face à son passé et à la rigueur de la loi. Pour la jeune victime, le chemin de la reconstruction sera long, mais le placement en détention de son agresseur marque une première victoire contre l’impunité.