Sans les citer directement comme principaux acteurs, la nouvelle ordonnance sur le numérique place clairement les influenceurs face à de nouvelles responsabilités. Au Gabon, leur activité ne relève plus seulement du divertissement ou du loisir. Avec l’adoption de l’Ordonnance n°0011/PR/2026 du 26 février 2026, ils entrent désormais dans un cadre légal plus strict. Même s’ils n’ont pas un statut spécifique, ils sont considérés comme des créateurs de contenus et des utilisateurs actifs, au même titre que les autres acteurs du numérique.
Le texte reconnaît leur rôle en donnant une définition de l’influenceur (article 3). Il s’agit d’une personne qui a une audience importante et qui peut influencer les opinions ou les comportements. Cela montre que les autorités prennent désormais en compte leur poids dans la société. Mais cette reconnaissance s’accompagne aussi de règles plus strictes, car les influenceurs sont vus comme des relais d’information qui peuvent avoir un impact réel sur le public.
La loi insiste surtout sur la responsabilité (article 6). Désormais, chacun est responsable de ce qu’il publie en ligne (article 7 et 8). Mais ce n’est pas tout car partager ou relayer un contenu illégal peut aussi poser problème. Pour les influenceurs, qui touchent un large public, cela change beaucoup de choses. Une fausse information, une publication trompeuse ou un contenu qui nuit à quelqu’un peut entraîner des conséquences juridiques.
Avec la montée des fausses informations et des contenus manipulés, notamment avec l’intelligence artificielle, la vigilance est encore plus importante dans l’article 32 du dit code. La loi interdit certains contenus trompeurs, comme les faux montages ou les informations inventées pouvant nuire à une personne. Les influenceurs doivent donc faire très attention à ce qu’ils publient ou partagent, car leur visibilité amplifie l’impact de leurs messages.
Cette autre ordonnance vient toute personne qui crée et diffuse du contenu en ligne peut être vue comme un professionnel de la communication. Cela inclut les influenceurs. Ils doivent donc respecter certaines règles, comme vérifier leurs informations, respecter la vie privée et protéger les mineurs. Ce qui dit, être influenceur aujourd’hui ne se limite plus à publier du contenu, c’est désormais une activité encadrée par la loi avec des droits mais aussi des responsabilités.
Il faut ajouter que le nouveau cadre juridique sur les réseaux sociaux ne traite pas directement de la monétisation des influenceurs. Les ordonnances adoptées mettent surtout l’accent sur la responsabilité des contenus, la protection des utilisateurs et la régulation du numérique. Même si elles reconnaissent le rôle des influenceurs comme acteurs de la communication en ligne, elles ne prévoient pas de règles spécifiques concernant leurs revenus, les placements de produits ou les partenariats commerciaux. En clair, la loi encadre ce que les influenceurs publient, mais pas encore la manière dont ils gagnent de l’argent, laissant ainsi un vide juridique sur cet aspect.