Sous le signe du brassage culturel et de l’ambition éducative, la capitale gabonaise a lancé ce mardi 7 avril la 2e édition du Salon du Livre Jeunesse. Entre la mobilisation des plus hautes autorités de l’État, la mise à l’honneur de la littérature camerounaise et l’urgence de réconcilier la génération numérique avec l’objet papier, cet événement s’affirme comme un levier stratégique pour forger l’esprit critique des décideurs de demain.
Le lancement de la 2e édition du Salon du Livre Jeunesse, ce mardi 7 avril 2026 à Libreville, a marqué une étape décisive dans la diplomatie culturelle entre le Gabon et le Cameroun. Sous la présence de plusieurs membres du gouvernement et du Maire de Libreville, Pierre Matthieu Obame Etoughe, la cérémonie d’ouverture a transformé l’esplanade en un véritable carrefour d’échanges régionaux. En plaçant le Cameroun au centre de cette édition, les organisateurs ont souligné que le livre reste le trait d’union le plus solide pour bâtir une identité commune en Afrique Centrale, au-delà des simples échanges commerciaux.
L’événement a mis en lumière une volonté politique de décloisonner l’accès au savoir. La présence de Mme Camelia Ntoutoume Leclercq pour l’Éducation Nationale et de M. Charles Edgar Mombo pour la Recherche Scientifique illustre cette vision, faire du livre le socle permanent d’une éducation réussie. Pour les autorités gabonaises, soutenir ce salon revient à investir dans le capital humain, car « Lire le monde de demain » implique d’armer dès aujourd’hui la jeunesse avec les outils de la réflexion critique et de la créativité.
Au cœur des débats, la question de la souveraineté culturelle à l’heure du numérique a été largement abordée par Sylvie Ntsame, présidente de l’APLA « Réconcilier la jeunesse avec l’objet livre à l’ère du numérique n’est plus une option, c’est une urgence nationale », a martelé Sylvie Ntsame lors du discours inaugural et lance un appel à la « résistance intellectuelle ». Face à l’omniprésence des contenus numériques mondialisés, l’invitée d’honneur, Edith Félicie Noëlle Ntgoeto Zam, a rappelé la nécessité de valoriser nos propres récits. La table ronde sur la littérature camerounaise a ainsi démontré que les auteurs du continent possèdent une richesse narrative capable de captiver la jeunesse africaine, à condition que les réseaux de distribution et de promotion soient renforcés.
Enfin, la dimension pratique de cette première journée a prouvé que la passion de la lecture reste un levier d’émancipation concret. Grâce aux ateliers d’écriture menés par les Éditions Dodo Vole, les jeunes participants ont pu s’approprier l’objet livre non plus comme une contrainte scolaire, mais comme un espace de liberté et de création. En se prolongeant jusqu’au 11 avril, ce salon s’impose déjà comme le rendez-vous incontournable pour structurer l’imaginaire de ceux qui dirigeront le Gabon de demain.