Un tradipraticien, connu dans la ville de Port-Gentil sous le nom de nganga, a été placé sous mandat de dépôt à la prison du Château pour des faits présumés de viol sur mineure et de menaces de mort. L’affaire, révélée par L’Union, suscite une vive émotion dans l’opinion publique, tant par la nature des accusations que par la vulnérabilité de la victime.
Selon les premiers éléments de l’enquête, les faits remonteraient au mois d’août 2023, mais n’ont été portés à la connaissance de la justice que récemment, à la suite d’une plainte déposée par la mère de la jeune fille. Cette dernière, inquiète du comportement instable de sa fille, qu’elle associait à une consommation excessive de stupéfiants, avait fait le choix de la confier au tradipraticien dans l’espoir d’une prise en charge thérapeutique dite traditionnelle.
La mineure aurait ainsi été accueillie au sein du lieu de pratique du mis en cause, où elle devait suivre un traitement censé l’aider à se libérer de sa dépendance. D’après les déclarations recueillies par les enquêteurs de la police judiciaire, ce cadre de soins se serait transformé en un espace d’abus répétés. Les faits reprochés relèveraient d’un grave abus de confiance, commis à l’encontre d’une adolescente placée sous l’autorité et la responsabilité directe du praticien.
Alertée par la persistance des troubles psychologiques de sa fille après son retour, la mère a engagé un dialogue qui a conduit aux révélations des sévices subis. Face à la gravité des accusations, une procédure judiciaire a été immédiatement engagée. Le tradipraticien a été interpellé puis présenté devant le juge d’instruction du Tribunal de première instance de Port-Gentil, où il a été inculpé.
Placée désormais entre les mains de la justice, cette affaire met en lumière les dérives possibles liées à certaines pratiques non encadrées, surtout lorsqu’elles concernent des personnes mineures et vulnérables. En attendant les conclusions de l’instruction, le mis en cause encourt de lourdes sanctions pénales en cas de condamnation. Ce dossier relance, une fois de plus, le débat sur la nécessité de protéger les enfants et de renforcer la vigilance autour des pratiques thérapeutiques alternatives au Gabon.