Naissance de l’Union des Républicains (UDR), un nouveau parti pour succéder à l’UPR ?

Présenté le 7 février dernier à Libreville, l’Union des Républicains (UDR) se veut l’héritière d’une partie de l’Union pour la République (UPR). Son président, Joël Pono Opapé, entend s’imposer comme un acteur majeur du paysage politique gabonais.

Selon le président Joël Pono Opapé, a rejoint la nouvelle structure. « Ce n’est un secret pour personne, la majorité des 10 000 adhérents de notre parti provient de l’UPR », a déclaré M. Pono Opapé.

Pour le président investi, l’UDR est née pour mettre fin à ce qu’il appelle le « tripatouillage des statuts » de l’UPR, qui, selon lui, permet désormais à « madame de succéder à son mari en cas de vacance de pouvoir temporaire » tout en empêchant « l’investiture de tout autre militant du parti ».

Sénateur de la Transition et ancien cadre du Parti pour le développement et la solidarité sociale (PDS), Joël Pono Opapé revendique un parcours politique long et riche. Il explique avoir été formé aux côtés de figures majeures telles que Jules Aristide Bourdès-Ogouliguende, Pierre-Louis Agondjo Okawe, Michel Essonghe ou Séraphin Ndaot Rembogo. Il a également été directeur de campagne pour Pierre Mamboundou, Ali Bongo Ondimba, et plus récemment pour Brice Clotaire Oligui Nguema. « C’est avec une profonde humilité que j’accepte cette investiture », a-t-il déclaré, se disant prêt à accompagner ses compagnons vers la Ve République.

Affirmant son soutien à la politique du chef de l’État et dans la continuité de l’accord conclu avec l’UPR, M. Pono Opapé a rappelé que « la finalité d’un parti politique reste l’exercice du pouvoir ». À court terme, l’UDR entend récupérer les anciens militants de l’UPR et s’implanter sur tout le territoire national. À moyen terme, d’ici 2030, le parti vise 50 élus nationaux et 250 élus locaux pour se positionner comme la deuxième force politique du pays. À long terme, l’objectif affiché est de compter 100 élus nationaux, 500 élus locaux et de présenter un candidat à la présidentielle de 2039.

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Joël Pono Opapé a été particulièrement clair sur l’avenir du parti : « L’accord que nous avons eu avec Brice Clotaire Oligui Nguema, c’est pour deux mandats, et le troisième mandat ce sera nous ».

Dans ce contexte, plusieurs interrogations se posent : le Gabon verra-t-il l’émergence d’un nouveau parti politique majeur à chaque crise interne dans les formations existantes ? L’UDR deviendra-t-il réellement un acteur incontournable, ou s’ajoute-t-il simplement à une longue liste de partis déjà présents dans un paysage politique fragmenté ? Et pour les citoyens, quelle valeur réelle apportera cette multiplication de partis si elle ne s’accompagne pas d’un renouvellement des pratiques et d’une véritable représentativité ?

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