Dans un contexte de tensions sociales persistantes, l’opposant Albert Ondo Ossa a livré, le 25 janvier 2026, une analyse sévère de la situation nationale, prenant appui sur la crise qui paralyse le secteur éducatif depuis plus d’un mois. Pour l’ancien candidat à la présidentielle, cette mobilisation des enseignants dépasse largement la question salariale et révèle une crise beaucoup plus profonde de l’État gabonais.
« Il nous faut réformer notre pays en profondeur, cela ne peut être du ressort des putschistes », a-t-il affirmé, estimant que les changements imposés par la force ne sauraient, à eux seuls, remettre le pays sur de bons rails.
Depuis plusieurs semaines, écoles et universités tournent au ralenti sous l’effet d’un mouvement de grève nourri par des revendications portant sur les salaires et les conditions de travail. Mais, selon Albert Ondo Ossa, cette agitation sociale est surtout le symptôme d’une gouvernance défaillante et d’un manque chronique d’investissements publics.
« Au-delà des salaires, c’est l’avenir de notre jeunesse qui est en jeu », a-t-il souligné, appelant à une réflexion collective sur les priorités nationales et sur les causes structurelles des dysfonctionnements.
Dans sa déclaration, l’opposant n’a pas épargné les autorités issues de la transition, qu’il juge enfermées dans une logique de réponses ponctuelles. Il plaide au contraire pour une réforme en profondeur des institutions, associant l’ensemble des forces politiques et de la société civile.
« Les putschistes peuvent changer les visages au pouvoir, mais sans refonte des institutions, nous reproduirons les mêmes erreurs », a-t-il averti, évoquant la nécessité de revoir les budgets de l’éducation, de renforcer la lutte contre la corruption et d’ouvrir davantage la prise de décision.
Cette prise de position intervient alors que le climat social demeure tendu et que les négociations entre le gouvernement et les syndicats enseignants peinent à aboutir. Si aucune réaction officielle n’a encore été enregistrée, des annonces de mesures d’urgence sont évoquées dans les cercles du pouvoir. Reste à savoir si elles s’inscriront dans la durée ou se limiteront à des solutions temporaires.
Pour Albert Ondo Ossa, l’enjeu est clair, sans vision à long terme et sans réforme inclusive, la crise actuelle risque de creuser davantage les inégalités et d’hypothéquer l’avenir du pays.