Désinformation en santé et pratiques à risque au Gabon : un défi pour la santé publique

La désinformation en santé connaît aujourd’hui une expansion sans précédent, notamment en raison de la viralité des réseaux sociaux et de la circulation massive d’informations non vérifiées. En effet, de nombreux individus se fient davantage à des publications sensationnalistes qu’à des sources médicales fiables, ce qui crée un terrain propice aux rumeurs, aux théories complotistes et aux pseudo-traitements. Ainsi, la santé publique se retrouve fragilisée, car ces fausses informations modifient le comportement de certaines personnes, les poussant à retarder un diagnostic, refuser un traitement ou adopter des pratiques dangereuses.

De plus, la désinformation touche particulièrement les personnes vulnérables, patients atteints de maladies chroniques, personnes vivant avec le VIH, personnes âgées ou encore individus confrontés à une nouvelle maladie problème de peau. Non seulement ces publics recherchent souvent des réponses rapides, mais ils se retrouvent également exposés à des discours simplifiés, voire mensongers. Par conséquent, certains abandonnent leur traitement, d’autres optent pour des remèdes inefficaces ou cessent de consulter des professionnels de santé. Cette dérive peut entraîner des complications graves, voire irréversibles, démontrant une fois de plus la nécessité d’un accompagnement fiable et structuré.

Au Gabon, le phénomène de pseudo-spécialisation en santé prend de plus en plus d’ampleur, chacun se proclame expert de quelque chose, souvent sans aucune formation ni compétence réelle. Cette tendance favorise la prolifération de pratiques dangereuses, notamment la vente de produits cosmétiques décapants présentés comme des solutions pour « embellir » ou « illuminer » le teint, ainsi que de produits destinés à prendre du poids rapidement. Or, ces substances, proposées librement sur les réseaux sociaux, dans les marchés ou par des vendeurs informels, exposent la population à des risques graves brûlures, troubles rénaux, complications dermatologiques ou encore déséquilibres métaboliques. Cette dérive souligne l’urgence de renforcer la réglementation, l’éducation sanitaire et la vigilance citoyenne afin de protéger la santé publique.

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En effet, les propos mensongers en matière de santé peuvent relever de la diffamation, de la mise en danger d’autrui ou de la publicité trompeuse. Il faut rappeler les limites juridiques, mais aussi encadrer les responsabilités individuelles et collectives.
« La désinformation en santé est aujourd’hui l’un des défis juridiques les plus préoccupants. » confie un acteur de loi.

Les cas se multiplient : « J’ai accompagné des patients qui ont abandonné un traitement contre le cancer parce qu’une vidéo promettait une thérapie miracle. J’ai aussi plaidé pour des familles dont un proche avait été manipulé par des discours anti-vaccins totalement infondés. Contrairement à ce que beaucoup pensent, la désinformation n’est pas un simple débat d’idées : elle peut coûter des vies. C’est pourquoi la justice doit jouer son rôle en sanctionnant les contenus dangereux, tout en protégeant la liberté d’expression dans ce qu’elle a de légitime. » Ce témoignage met en lumière la dimension humaine et juridique de ce fléau contemporain.

Ainsi, pour lutter efficacement contre la désinformation en santé, il apparaît indispensable de renforcer l’éducation du public, notamment grâce à des campagnes d’information, des programmes d’éducation thérapeutique et une meilleure accessibilité aux professionnels de santé. Par ailleurs, il convient d’encourager le développement de l’esprit critique, afin que chacun puisse analyser les sources, vérifier la fiabilité des contenus et identifier les discours manipulatoires. Enfin, la coopération entre soignants, juristes, institutions et citoyens constitue un levier essentiel pour construire un environnement informatif plus sûr, plus transparent et véritablement orienté vers la protection de la santé.

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