Depuis l’ouverture du procès lié aux détournements de fonds attribués au clan Bongo Valentin, un nom revient avec insistance, presque comme un fil rouge reliant plusieurs témoignages et documents, celui de Yann Franck Koubdje, ancien Trésorier Payeur Général et ex-directeur général du Trésor. Un acteur absent de la salle d’audience, mais omniprésent dans les débats.
Ces derniers jours, des éléments présentés au tribunal et relayés dans l’opinion publique ont montré que la signature de Koubdje apparaissait sur de nombreux documents de décaissement de fonds publics aujourd’hui considérés comme litigieux. Une fréquence qui interroge. Comment expliquer que tant d’opérations controversées portent son sceau ? Était-il un simple signataire institutionnel, un exécutant dans une chaîne administrative lourde, ou un rouage clé d’un système plus vaste ?
Lors de son audition, Kim Oun, proche collaborateur de Sylvia Bongo, a cité à plusieurs reprises le nom de l’ancien patron du Trésor. Selon lui, différentes transactions financières, pointées du doigt par l’accusation, auraient transité sous la responsabilité ou la supervision de Yann Franck Koubdje. Ces affirmations, combinées aux documents produits, renforcent l’idée d’un rôle central — volontaire ou non — dans la mécanique de décaissement.
Pourtant, un fait intrigue davantage observateurs, juristes et citoyens, l’absence de Koubdje au procès. Alors que son nom est omniprésent dans le dossier, sa non-comparution suscite des interrogations légitimes. Beaucoup estiment qu’il aurait pu apporter des éclairages déterminants pour comprendre la chaîne décisionnelle, les marges de manœuvre dont il disposait et, surtout, le fonctionnement réel du Trésor au moment des faits.
Certains y voient une incohérence judiciaire, d’autres un manque de volonté politique d’aller au bout de la vérité. Car s’il est indéniable que ses signatures figurent sur une multitude de documents, seule sa propre version des faits permettrait de distinguer ce qui relève de l’obligation administrative, de l’erreur, ou de l’implication personnelle.
En attendant, le procès se poursuit, mais avec un angle mort notable. Et plus les audiences avancent, plus une question revient dans la rue comme dans les milieux avertis : comment faire toute la lumière sur cette affaire sans entendre celui dont le nom apparaît au cœur même des opérations financières contestées ? Un non-dit qui, pour l’heure, laisse planer un doute persistant sur la transparence complète du dossier.