Depuis plusieurs semaines, un climat de tension s’installe entre une partie des opinions publiques gabonaises et béninoises. Les réseaux sociaux, devenus la caisse de résonance des frustrations, sont envahis de vidéos, de messages et de commentaires jugés « xénophobes » par de nombreux observateurs. Des propos qui, à défaut d’être recadrés, risquent d’attiser davantage la méfiance et la division entre les citoyens des deux pays.
Alors que les internautes alimentent ce débat à coups d’accusations et de stigmatisations, les autorités gabonaises et béninoises, elles, se murent dans un silence qui interroge. Ni déclaration officielle, ni appel à l’apaisement, ni même un rappel au respect des liens historiques et diplomatiques entre Libreville et Cotonou n’ont, pour l’heure, été exprimés.
Une absence de réaction qui inquiète certains diplomates et analystes. Car si les tensions restent pour l’instant confinées aux espaces numériques, elles pourraient, à défaut d’une communication claire, se déplacer dans la rue et provoquer des incidents regrettables.
Les deux pays entretiennent pourtant des relations de longue date, marquées par des échanges économiques, culturels et humains réguliers. C’est justement cette proximité qui rend d’autant plus préoccupant le climat actuel. Pour de nombreux observateurs, il est urgent que les autorités sortent de leur réserve afin de désamorcer les crispations et rappeler que la coopération entre peuples doit primer sur les divisions.
En attendant, les internautes continuent d’alimenter un débat aux relents de haine, laissant planer le risque d’un conflit qui aurait pu être évité par une prise de parole ferme et apaisante des dirigeants.