Élections 2025 : 4 anciens candidats à la présidentielle dénoncent des dérives dans le processus électoral

À moins de deux mois des élections législatives et locales prévues en septembre 2025, quatre anciens candidats à la dernière présidentielle (Stéphane Germain Iloko, Joseph Lapensée Essigone, Thierry Yvon Michel Ngoma et Axel Stophène Ibinga Ibinga) ont conjointement organisé une conférence de presse ce 31 juillet à l’hôtel Onomo, à Libreville. Leur objectif : alerter l’opinion nationale et internationale sur ce qu’ils dénoncent comme de graves dérives susceptibles d’entacher la transparence, l’équité et la légitimité du processus électoral en cours.

Dans leur déclaration commune, les quatre figures de l’opposition ont égrené une série d’irrégularités qu’ils jugent incompatibles avec les principes d’une démocratie saine. Ils pointent notamment des dysfonctionnements persistants dans l’organisation du scrutin, l’exclusion systématique des partis d’opposition des organes de supervision électorale, ainsi que l’implication jugée inconstitutionnelle de magistrats en activité au sein de structures affiliées au parti au pouvoir. Autre sujet de préoccupation : un découpage territorial contesté, sans fondement démographique transparent, qui pourrait favoriser un déséquilibre politique au détriment de l’opposition.

Joseph Lapensée Essigone a résumé l’esprit de cette démarche dans une déclaration sans équivoque : « Les élections à venir représentent une opportunité historique pour le peuple gabonais d’instaurer un contre-pouvoir crédible. Mais cette dynamique démocratique est fragilisée par la volonté manifeste du gouvernement de tout conduire seul, sans dialogue ni consensus. » Un constat que partagent ses trois co-signataires, soucieux de voir émerger une gouvernance électorale plus inclusive et plus équitable.

En réponse à ce qu’ils qualifient de « silence institutionnel », les anciens candidats formulent plusieurs propositions concrètes. Ils appellent notamment à un réaménagement du calendrier électoral, à une prorogation du délai de dépôt des candidatures jusqu’au 25 août 2025, au retrait immédiat des magistrats encore en fonction des commissions électorales, et à une révision de la composition de ces dernières afin d’assurer une représentation équilibrée de toutes les forces politiques. Ils plaident également pour l’organisation urgente d’une concertation nationale entre la majorité et l’opposition, condition, selon eux, d’un processus réellement apaisé.

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Se revendiquant comme des « sentinelles de la démocratie », ces anciens prétendants à la magistrature suprême affirment ne pas vouloir alimenter la tension, mais plutôt prévenir une crise politique aux conséquences imprévisibles. Leur démarche, bien que critique, se veut constructive : bâtir un cadre électoral respectueux de la Constitution, porteur de confiance pour les électeurs, et garant d’un scrutin libre, équitable et crédible.

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