Quand l’État de droit vacille et que la justice s’efface derrière les manœuvres, Alain Claude Bilie By Nze sonne l’alarme : non à une démocratie de façade, oui à une République fidèle à ses lois et à ses citoyens. Nous publions en intégralité le propos que l’auteur a partagé sur ses réseaux sociaux.
« L’État de droit ne saurait être un décor qu’on déplace au gré des intérêts du moment.
Le communiqué du Ministère de l’Intérieur, prétendant statuer sur l’éligibilité de certains citoyens en se fondant sur l’article 77 de la loi n°001/2025, est non seulement juridiquement infondé, mais constitue un grave précédent institutionnel.
Aucune autorité administrative ne peut se substituer ni à la Cour des comptes ni à la Cour constitutionnelle. Tant qu’aucune décision de justice définitive n’a été rendue par les juridictions compétentes comme le prévoit expressément l’article 369 du Code électoral, nul ne peut être présumé inéligible.
Pourquoi donc cette précipitation ? Pourquoi devancer les juges ?
À moins que le verdict ne soit déjà rédigé ailleurs, dans l’ombre, loin du droit et de la transparence.
Cette démarche, inacceptable, trahit une volonté politique : disqualifier non par les urnes, mais par la ruse administrative. C’est là un danger majeur pour notre démocratie.
Car ce n’est pas la loi qu’on applique ici, c’est le pouvoir qu’on étire jusqu’à l’abus.
Je suis profondément attaché à nos institutions, mais lorsqu’elles sont contournées, lorsqu’elles deviennent instrumentalisées pour servir des calculs partisans, alors il faut le dire, hautement et fermement : ce n’est pas cela, la République.
Le Gabon mérite mieux qu’un simulacre de démocratie.
Le Gabon mérite des institutions crédibles, impartiales, respectueuses de la légalité et du suffrage universel.
Il mérite un avenir que l’on construit dans les urnes, non dans les couloirs obscurs du pouvoir.
Je resterai debout et avec moi, tous ceux qui croient encore en une République juste, équitable et digne. »