Port-Gentil : Le ministre de l’Environnement sonne l’alarme sur la mangrove menacée

Dans une atmosphère tendue, le ministre de l’Environnement, de l’Écologie et du Climat, Mays Mouissi, a conduit une descente de terrain dans les zones littorales sensibles de Port-Gentil, capitale économique du Gabon. Cette initiative s’inscrit dans une série d’actions gouvernementales visant à freiner les agressions répétées sur les écosystèmes côtiers, notamment la mangrove, qui joue un rôle écologique fondamental dans la protection du littoral et la biodiversité marine.

Accompagné du Gouverneur de l’Ogooué-Maritime, du Délégué spécial de la Mairie de Port-Gentil ainsi que de plusieurs hauts cadres des administrations environnementales et territoriales, le ministre a tenu à constater par lui-même les violations persistantes dans une zone pourtant classée comme espace naturel protégé. L’expédition, à haute valeur symbolique et opérationnelle, marque une volonté affirmée de faire respecter les textes en vigueur.

Le constat est sans appel : des remblais illégaux ont permis la création de terrains artificiels gagnés sur la mangrove, aujourd’hui parsemés d’habitations de fortune, de commerces, et même de latrines construites sans autorisation. Ces installations anarchiques, en plus de leur caractère illégal, fragilisent gravement les écosystèmes locaux et exposent les populations à de sérieux risques sanitaires et climatiques.

Ce n’est pourtant pas faute d’alertes. Depuis plus d’un an, la Direction Générale de l’Environnement (DGEPN) a multiplié les missions de contrôle et implanté des panneaux d’interdiction visibles sur les sites en question. Mais ces mesures sont restées lettre morte, au grand dam des autorités compétentes. L’absence de sanctions concrètes a visiblement renforcé l’impunité des contrevenants, au mépris des lois environnementales gabonaises.

Face à l’ampleur des dégâts, Mays Mouissi a donné des instructions fermes : toutes les irrégularités doivent cesser immédiatement. Il a ordonné l’identification des responsables des constructions illégales et la mise en œuvre de démolitions si nécessaire. Une coordination entre les services provinciaux de l’Environnement, la préfecture et la mairie a été exigée pour enclencher sans délai une procédure de restauration écologique des zones impactées.

Lire Aussi:  Diaspora gabonaise : un acteur clé pour le développement du pays ?

Cette intervention du ministre illustre la volonté du gouvernement de replacer la question environnementale au cœur des politiques publiques locales. En pleine saison de hautes marées et dans un contexte de changement climatique de plus en plus perceptible sur les côtes gabonaises, la défense de la mangrove apparaît comme un impératif non négociable. L’État entend désormais allier fermeté juridique et sensibilisation communautaire pour préserver ce rempart naturel menacé.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *