Lors de la session d’urgence tenue le 12 juin 2025 à l’Assemblée générale des Nations Unies, le Gabon a voté en faveur d’une résolution exigeant un cessez-le-feu immédiat, inconditionnel et permanent dans la bande de Gaza, alors que les violences entre Israël et le Hamas s’intensifient. Cette position place le Gabon parmi les 149 pays membres ayant soutenu ce texte symbolique, qui, bien que non contraignant sur le plan juridique, revêt un poids politique important dans un contexte d’indignation internationale croissante face à la crise humanitaire.
Cette résolution intervient dans un climat marqué par l’impasse diplomatique au Conseil de sécurité, incapable depuis des mois de produire une position unanime sur le conflit. En votant pour, le Gabon affirme une posture claire : le rejet du recours à la violence contre les civils, la condamnation du blocus de Gaza et l’exigence du respect du droit humanitaire international. Le texte appelle notamment à la fin immédiate des hostilités, la libération de tous les otages, et la levée totale du blocus israélien.
Le Gabon, fidèle à sa tradition de diplomatie multilatérale et de défense des droits humains, rejoint ici la majorité des pays africains et du Sud global, qui voient dans cette résolution une manière de redonner un cadre politique et humanitaire à un conflit aux conséquences dévastatrices. Le pays s’aligne également avec les Nations qui estiment que l’aide humanitaire ne peut plus être instrumentalisée, et que la famine ne saurait être utilisée comme une arme de guerre.
Parmi les points clés de la résolution, on trouve également l’appel à la mise en œuvre intégrale de la résolution 2735 du Conseil de sécurité, qui prévoit des mesures concrètes de désescalade, notamment le retrait des troupes israéliennes, l’échange de prisonniers, le retour des déplacés et la protection du personnel humanitaire. La résolution insiste aussi sur l’accès libre et sécurisé de l’aide humanitaire dans toute la bande de Gaza, actuellement gravement entravé.
Un autre aspect marquant du texte est son rappel du droit international humanitaire : les parties sont appelées à respecter leurs obligations envers les civils, les blessés, les hôpitaux et les travailleurs humanitaires. La résolution demande également que la Cour internationale de Justice (CIJ) soit saisie en urgence pour examiner les responsabilités juridiques d’Israël dans les territoires palestiniens occupés, relançant ainsi la question de la justice internationale.
Ce positionnement du Gabon renforce sa crédibilité sur la scène diplomatique, dans un contexte international où les pays du Sud cherchent à peser davantage dans les débats géopolitiques majeurs. À travers cette prise de position, le pays souligne son attachement aux principes de justice, d’égalité souveraine et de protection des droits humains. Le soutien à la résolution de l’ONU sur Gaza apparaît donc comme un geste de solidarité avec les victimes, mais aussi comme un message politique fort : la paix ne peut être obtenue que par la fin des violences et le respect du droit international.
Alors que les regards se tournent vers une possible relance des pourparlers régionaux, le vote du Gabon s’inscrit dans une dynamique d’appel au dialogue multilatéral et à la fin des logiques de confrontation. Il reste désormais à savoir si les États ayant soutenu la résolution pourront traduire ce consensus moral en actions diplomatiques concrètes, capables d’imposer un cadre de paix durable et équitable pour Gaza et l’ensemble de la région.