Faux militaire, vrai escroc : un employé municipal de Mouila derrière les barreaux

À Mouila, la promesse d’un avenir sous l’uniforme s’est transformée en cauchemar pour plusieurs jeunes. Se faisant passer pour un agent de la Garde républicaine, un employé municipal a escroqué des milliers de francs CFA à des candidats désireux d’intégrer les Forces de défense et de sécurité. Il a été inculpé et placé en détention provisoire.

Chris Calvin Moussavou, 35 ans, manœuvre à la mairie centrale de Mouila, a mis en place une véritable supercherie. Présenté comme un agent de la Garde républicaine et fils d’un haut gradé, il promettait à ses victimes une incorporation rapide et sans formalité, contre espèces sonnantes et trébuchantes.

Sous couvert de cette identité factice, l’homme a su créer l’illusion d’un processus officiel : collecte de dossiers, attribution de matricules fictifs, appels téléphoniques depuis des numéros masqués, et même fausses confirmations « venues de l’état-major ». Tout semblait crédible pour des jeunes en quête d’un emploi stable dans un pays où le service militaire demeure une voie convoitée.

Mais l’arnaque a commencé à se fissurer lorsque plusieurs recrues présumées ont constaté l’absence de leur nom dans les fichiers officiels. Alertée, la police a ouvert une enquête discrète. Les investigations menées par la sûreté urbaine de Mouila ont permis l’interpellation rapide du suspect, dont le profil a surpris plus d’un.

Lors de son audition, Chris Calvin Moussavou a reconnu l’ensemble des faits. Il a justifié ses actes par des « difficultés financières », expliquant avoir cédé à la tentation par désespoir. Une explication que le magistrat en charge de l’affaire a jugée irrecevable au regard de la gravité des faits et du nombre de victimes impliquées.

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Inculpé pour escroquerie et abus de confiance, il a été placé sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt de Mouila, où il attend désormais son jugement. L’affaire a provoqué une onde de choc dans la commune, mettant en lumière la vulnérabilité de nombreux jeunes face aux promesses d’intégration facilitées dans les corps militaires.

Ce dossier relance une fois encore la question de la transparence dans les processus de recrutement publics et appelle les autorités à redoubler de vigilance face aux impostures qui exploitent les espoirs de la jeunesse gabonaise.

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