12 avril 2025 : le Gabon vote dans le calme et l’enthousiasme, pour une élection présidentielle historique sans le nom Bongo

Ce samedi 12 avril 2025, les Gabonais se sont rendus aux urnes avec un sentiment partagé entre solennité et espoir. Dès les premières heures de la matinée, de longues files d’attente se formaient devant les bureaux de vote à travers l’ensemble du pays, dans une ambiance pacifique et maîtrisée.

À Libreville, les centres de vote ont tous ouvert aux heures indiquées. Devant les bureaux, l’engouement populaire offre un spectacle inédit, tant les gabonais étaient habitués à diverses formes de violences symboliques : « C’est la première fois que je vote avec autant de confiance. Cette fois, j’ai le sentiment que ma voix compte réellement », confie un jeune électeur du quartier Nkembo, carte en main.

Contrairement aux scrutins passés souvent marqués par des tensions ou des incertitudes, le climat général est resté serein sur toute l’étendue du territoire national. Les forces de l’ordre, présentes, mais discrètes, assurent la sécurité sans perturber le bon déroulement du vote. Aucun incident majeur n’est à déplorer en ce début de matinée, selon plusieurs observateurs et organes de surveillance.

Des scènes similaires ont été rapportées à Franceville, Oyem, Mouila, Port-Gentil ou encore Tchibanga, où les citoyens, parfois accompagnés de leurs enfants, affichaient une ferme volonté de participer à cette élection porteuse d’un tournant démocratique majeur.

Un scrutin historique : sans le nom Bongo pour la première fois depuis 1967

Ce scrutin n’est pas seulement une élection : il marque un point de rupture dans l’histoire politique du Gabon. Pour la première fois depuis près de six décennies, aucun membre de la famille Bongo ne figure sur les bulletins de vote. Une page se tourne. Et avec elle, l’histoire d’un pays qui tente de redéfinir ses repères démocratiques. « Cette élection représente une libération pour beaucoup. Elle nous permet d’imaginer un futur politique débarrassé des dynasties. C’est une respiration démocratique », commente un observateur de la vie politique gabonaise après son vote.

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De nombreux électeurs ont insisté sur leur motivation à voter pour le changement, la stabilité et le progrès. Les échanges dans les files d’attente témoignaient d’une conscience accrue des enjeux. Il ne s’agissait plus seulement d’élire un chef d’État, mais de confirmer une Transition entamée depuis août 2023, incarnée par le président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, candidat en lice et favori déclaré de cette élection. « Nous voulons tourner la page. Voter aujourd’hui, c’est affirmer que le peuple gabonais est prêt à prendre en main son destin », a affirmé un enseignant rencontré par notre reporter à Oyem.

Vers un nouveau chapitre politique

Alors que le dépouillement s’annonce dans la soirée, l’ensemble du processus semble pour l’heure refléter la maturité d’une nation en quête de renouveau. Les Gabonais, dans leur diversité, ont prouvé qu’ils peuvent faire de la démocratie un levier de paix et de cohésion, même dans un contexte de transition inédit.

Ce 12 avril 2025 restera donc comme un jalon historique pour le Gabon. Celui d’un peuple qui, dans le calme, la dignité et la détermination, a choisi d’écrire une nouvelle page de son histoire politique.

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