Violences faites aux femmes : le Collectif des Féministes du Gabon dépose plainte contre l’artiste Eboloko

Le Collectif des Féministes du Gabon a annoncé, ce 05 novembre, avoir déposé une plainte officielle contre l’artiste Eboloko auprès du Procureur de la République. En cause, une mise en scène publique et médiatique jugée offensante, qui aurait détourné la question des violences faites aux femmes à des fins promotionnelles dans le cadre de la sortie d’un clip musical.

Selon le collectif, l’artiste aurait mis en scène une fausse dénonciation de violences conjugales, présentée comme réelle sur les réseaux sociaux, avant de révéler qu’il s’agissait d’une stratégie de communication pour la promotion de son œuvre. Une démarche perçue comme une instrumentalisation grave d’un sujet hautement sensible dans un pays où, selon les chiffres avancés par le collectif, près de 89,9 % des femmes déclarent avoir subi des violences.

Cette action serait, d’après les plaignantes, en contradiction directe avec l’article 23 de la loi n°006/2021 du 6 septembre 2021 portant élimination des violences faites aux femmes, qui interdit toute représentation dévalorisante, dégradante ou banalisant la violence à leur encontre.

« Nous refusons que la souffrance soit transformée en divertissement, en buzz ou en outil commercial », a fermement déclaré le Collectif dans un communiqué.

En parallèle, le mouvement féministe a saisi le ministère de la Femme, appelant l’État à assumer pleinement ses obligations en matière de protection des victimes et de régulation des contenus médiatiques portant atteinte à la dignité des femmes.

Le Collectif des Féministes du Gabon dit placer toute sa confiance en la justice pour que les sanctions prévues par la loi soient effectivement appliquées. Il réclame, entre autres, des excuses publiques claires de la part de l’artiste ainsi que la mise en place d’un programme national de sensibilisation à destination des artistes et créateurs de contenus sur la question des violences basées sur le genre.

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Cette affaire relance, une fois encore, le débat sur la responsabilité sociale des figures publiques et la banalisation des violences faites aux femmes dans l’espace médiatique gabonais.

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