Vaccination infantile au Gabon : entre impératif de santé publique et nécessité de transparence pharmaceutique

Le 18 juin 2025, le Ministère gabonais de la Santé, en partenariat avec l’UNICEF, a lancé une campagne de vaccination de grande envergure à destination des enfants de 0 à 59 mois et des femmes enceintes. L’initiative, amorcée depuis le centre de santé d’Awendjé, vise à renforcer l’immunité contre une dizaine de maladies infectieuses parmi les plus redoutées, notamment la rougeole, la fièvre jaune, la diphtérie, ou encore la poliomyélite. Si les intentions sanitaires sont louables et vitales pour la protection des plus vulnérables, une question demeure en suspens : que savons-nous réellement des produits vaccinaux administrés à nos enfants ?

La réussite des précédentes campagnes, avec une couverture vaccinale passant de 49 % à 64 % entre janvier et mars 2025, témoigne d’une adhésion croissante. Pourtant, face à la multiplication des produits injectés dans les corps fragiles d’enfants ou de femmes enceintes, peu de voix s’élèvent pour exiger la transparence sur la provenance, la composition chimique et la conformité aux normes internationales de ces vaccins. Dans un monde dominé par les logiques de rentabilité des industries pharmaceutiques, la vigilance ne peut être laissée uniquement aux partenaires techniques et financiers, fussent-ils des organisations respectées.

Le vaccin pentavalent, par exemple, présenté comme un progrès pour sa capacité à immuniser contre cinq pathologies à la fois, suscite des interrogations dans plusieurs pays sur ses effets secondaires ou sur la durée réelle de son immunité. Le Gabon importe-t-il des lots rigoureusement contrôlés ? Dispose-t-on de laboratoires nationaux indépendants pour vérifier la qualité des produits avant leur distribution dans les centres de santé ? Jusqu’ici, les autorités n’ont jamais rendu publiques les fiches techniques ou les études cliniques des vaccins utilisés sur le sol gabonais. Ce silence crée une zone grise préoccupante.

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Il ne s’agit pas ici de nier les bienfaits historiques de la vaccination, qui a permis d’éradiquer des fléaux majeurs. Mais dans une ère de méfiance croissante envers les produits injectés, nourrie par des scandales pharmaceutiques internationaux, le droit à une information claire, fiable et complète est plus que jamais une exigence démocratique. Les citoyens gabonais ont le droit de savoir ce que contiennent les vaccins qui entrent dans le corps de leurs enfants. À défaut, les campagnes pourraient à terme susciter plus de défiance que d’adhésion, malgré leurs objectifs sanitaires louables.

Dans ce contexte, il est urgent que le gouvernement gabonais mette en place une autorité indépendante de contrôle des médicaments et vaccins, dotée de moyens scientifiques et financiers solides, capable de publier régulièrement des rapports sur la qualité, l’efficacité et les effets secondaires des produits utilisés. Il est tout aussi fondamental d’ouvrir des espaces de dialogue communautaire où médecins, chercheurs, mères de famille, enseignants et autorités locales pourraient s’informer, débattre et participer à la définition des stratégies sanitaires.

La santé publique ne peut être gérée comme une procédure administrative descendante, encore moins comme un marché opaque entre États et laboratoires. Si nous voulons construire une société où la science sert les peuples et non les dividendes, alors il est temps d’exiger que chaque seringue soit porteuse de vérité, et que la médecine de masse soit aussi celle de la responsabilité partagée.

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