L’Université Omar Bongo (UOB), l’une des plus anciennes institutions d’enseignement supérieur du Gabon, continue de faire face à des défis structurels majeurs : amphithéâtres vétustes, manque criant de salles de cours, surpopulation chronique et conditions d’étude indignes d’un établissement de ce rang.
Pendant ce temps, le Centre de Compétences Professionnelles et Entrepreneuriales Zita Oligui Nguema (CCPE-ZON) a été récemment inauguré sur le campus. Un projet qui, sur le papier, vise à améliorer l’employabilité et la capacité d’auto-prise en charge des étudiants. Mais une question se pose : où ce centre fonctionnera-t-il, alors qu’aucun nouveau bâtiment n’a été construit à cet effet ?
Un membre du Cercle de Réflexion des Étudiants en Droit (CRED), que nous avons interrogé, précise que les locaux prévus pour le CCPE-ZON sont en réalité des bâtiments existants, simplement rénovés. Ce qui relance le débat sur les priorités : ces infrastructures rénovées ne pouvaient-elles pas être mises à disposition des facultés déjà en manque d’espace, notamment pour désengorger les salles surchargées de l’UOB ?
Avec un campus en sous-capacité constante, l’ajout d’un nouveau centre, sans création de nouveaux espaces, risque d’aggraver une situation déjà difficile. Les formations du CCPE-ZON vont-elles partager les quelques salles disponibles avec les étudiants déjà serrés comme des sardines dans les amphithéâtres ? Ou faudra-t-il encore sacrifier des créneaux pédagogiques au nom d’un projet supplémentaire ?
Si l’intention de renforcer les compétences professionnelles est louable, sa mise en œuvre laisse perplexe. Car à quoi bon parler d’innovation si les étudiants n’ont même pas un banc pour s’asseoir ? Avant de penser à diversifier l’offre de formation, il semble urgent de remettre à niveau l’existant. Le Gabon a besoin d’initiatives fortes en matière d’éducation, mais encore faut-il qu’elles soient pensées avec cohérence et ancrées dans les réalités du terrain.