La tempête qui semblait s’abattre sur le Parti démocratique gabonais (PDG) dans le Woleu-Ntem a pris une tournure inattendue. Moins de 48 heures après la démission collective de plusieurs figures historiques, une fronde s’est élevée au sein de la province, portée par des cadres et militants dénonçant une initiative « unilatérale, hâtive et déconnectée des réalités locales ».
Dans une déclaration rendue publique ce samedi 10 mai à Oyem, plusieurs responsables locaux ont rejeté la démarche de figures telles que René Ndemezo’Obiang, Emmanuel Ondo Methogo, et Daniel Ona Ondo. Ils accusent ces derniers d’avoir pris une décision sans concertation, agissant en leur nom sans les consulter. « Ils ont parlé en notre nom, mais nous n’avons jamais été consultés », s’indigne François Ongo Assomou, membre influent du Conseil national.
Le siège du PDG, par la voix de sa porte-parole Darlène Boukandou Nzamba, a tenu à rappeler que toute démission doit respecter une procédure formelle. En vertu des articles 53 et 54 du Manuel de procédure de la Commission de discipline et des promotions, une démission n’est valable que si elle est déposée auprès du secrétaire fédéral et enregistrée au Secrétariat général du parti. Une étape que les dissidents n’auraient pas respectée.
Les militants restés fidèles au PDG dénoncent une « mise en scène politique » visant à déstabiliser le parti. Pour eux, les départs spectaculaires de certains anciens cadres ne relèvent pas d’un désaccord idéologique, mais d’une quête personnelle de reconnaissance dans un nouvel échiquier politique. « Certains cherchent une place dans le nouvel ordre, mais tout le monde connaît leur parcours », ironise un cadre local.
Face à ce qu’ils perçoivent comme une tentative de division, les responsables restés loyaux au parti appellent à l’unité. Ils rappellent que le PDG a réitéré son soutien au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, et qu’il appartient à chaque militant de respecter cette ligne, au lieu de céder aux sirènes de l’opportunisme.
Dans ce contexte de recomposition politique accélérée, le PDG dans le Woleu-Ntem semble vouloir tourner la page. « L’histoire retiendra que certains ont choisi le chemin de la division pour exister. Mais nous, nous choisissons celui de la loyauté et de la refondation », a déclaré un élu local, résolu à défendre l’image de la province.
Malgré l’effet médiatique des départs, le PDG, solidement implanté dans la région, entend poursuivre son travail de reconstruction. Les cadres fidèles restent convaincus que la cohésion et la discipline l’emporteront sur les ambitions personnelles.