Tensions dans les régies financières, l’option de la grève sur la table

Face à des revendications restées sans réponse, les agents des régies financières gabonaises haussent le ton. L’appel à une mobilisation générale lancé par l’intersyndicale laisse entrevoir un possible mouvement de grève aux conséquences majeures pour l’État.

La tension monte au sein des régies financières gabonaises, où les agents semblent désormais déterminés à durcir le ton face à ce qu’ils qualifient de blocage persistant de leurs revendications. Dans un communiqué rendu public le 2 avril 2026, l’Intersyndicale des Régies Financières et Administrations Assimilées (IRFAA) appelle à une mobilisation générale, prélude possible à un mouvement de grève d’envergure.

Au cœur de la contestation, deux principaux griefs cristallisent le mécontentement des agents. D’une part, le retard jugé « chronique et injustifiable » dans le paiement de la Prime de Performance Budgétaire (PPB), un élément clé de leur rémunération. D’autre part, la lenteur dans la signature de l’arrêté portant création du comité de cadrage, indispensable à la mise en œuvre des réformes issues des travaux conduits sous l’égide de la Primature durant la transition.

Face à cette situation, l’IRFAA dénonce un « mépris inacceptable » à l’égard des agents, estimant que les autorités entretiennent une précarité devenue insoutenable. Le ton employé dans le communiqué traduit une nette radicalisation du discours syndical, qui considère désormais ces dysfonctionnements comme le résultat d’un blocage délibéré plutôt que de simples lenteurs administratives.

C’est dans ce climat de crispation que l’intersyndicale a convoqué une assemblée générale décisive, prévue le 15 avril 2026 à Libreville. Cette rencontre, annoncée comme un tournant, devrait permettre aux agents de définir les modalités d’une riposte collective. Parmi les options envisagées, la possibilité d’un mouvement de grève se précise, avec des conséquences potentielles sur le fonctionnement des administrations financières de l’État.

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Si aucune réponse concrète n’est apportée d’ici là, le risque d’une paralysie partielle, voire totale, des régies financières apparaît de plus en plus probable. Une telle situation pourrait impacter directement la collecte des recettes publiques et le fonctionnement budgétaire du pays, plaçant les autorités face à une urgence sociale et économique qu’elles ne pourront durablement ignorer.

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