Ce 9 mai 2025, Sylvia Bongo Ondimba et son fils Noureddin Bongo Valentin, autrefois figures centrales du pouvoir gabonais, ont quitté les geôles pour être assignés à résidence dans leur villa de la Sablière. Une décision qui, malgré son apparence de bienveillance, laisse un goût amer d’ambiguïté et de pression. S’agit-il d’une avancée vers un traitement judiciaire équitable ou d’une démonstration de la souplesse du nouveau régime face aux pressions internationales ?
Depuis leur arrestation pour détournement de fonds, corruption et blanchiment, les conditions de détention de Sylvia Bongo et de son fils ont toujours été entourées de mystère. D’aucuns les disaient enfermés dans les sous-sols du Palais présidentiel, d’autres évoquaient la prison centrale de Libreville. Leur avocate, Maître Gisèle Eyue-Bekale, n’a cessé de dénoncer une détention qu’elle jugeait illégale, notamment en raison de l’absence de renouvellement du mandat de dépôt pour Sylvia Bongo depuis avril 2024.
Mais pourquoi ce transfert soudain en résidence surveillée, précisément une semaine après l’investiture de Brice Clotaire Oligui Nguema, le nouveau président ? Coïncidence ou résultat d’un lobbying diplomatique intense ? Selon certaines sources, des pressions internationales auraient joué pour obtenir un traitement plus “humain” du dossier Bongo. Les puissances étrangères, soucieuses de préserver leur image, auraient-elles échangé une indulgence contre une promesse de procès équitable ?
Sur le plan judiciaire, ce passage de la prison à la résidence surveillée est-il une marque de clémence ou un recul dans l’exigence de justice ? Contrairement à Ali Bongo, dont l’assignation à résidence relevait d’une décision politique, Sylvia et Noureddin Bongo restent sous le coup d’une décision judiciaire. Pourtant, leur situation laisse une impression de favoritisme, comme si leur statut social leur permettait d’échapper aux rigueurs que subissent les citoyens ordinaires.
Pour les avocats de l’État, les preuves sont accablantes et justifient un procès. Mais du côté de la défense, la stratégie semble claire : contester à la fois le fond et la forme de cette affaire, espérant peut-être que l’opinion publique se lasse avant que la justice ne se prononce. En toile de fond, une opinion publique divisée : certains voient dans ce transfert une manœuvre politique d’apaisement, tandis que d’autres y perçoivent une justice biaisée, influencée par des intérêts qui dépassent le cadre national.
Au-delà des procédures, ce qui se joue ici, c’est aussi l’image du nouveau régime de Brice Clotaire Oligui Nguema. Est-il capable de faire prévaloir une justice indépendante, impartiale, quelles que soient les pressions ? Ou cédera-t-il aux sirènes de la diplomatie et des arrangements discrets ?
L’avenir de Sylvia et Noureddin Bongo semble désormais suspendu à un procès annoncé, mais dont la date reste encore inconnue. Sera-t-il une véritable confrontation judiciaire, ou une simple formalité pour calmer les esprits ? La réponse à cette question pourrait bien déterminer la crédibilité de la “nouvelle ère” proclamée par les autorités gabonaises.