Secoué par les départs, le PDG tente d’arrêter l’hémorragie

Face à une vague de démissions qui ne cesse d’enfler au sein de ses rangs, le Parti Démocratique Gabonais (PDG) sort de son silence. Dans une déclaration officielle rendue publique ce samedi 10 mai par la porte-parole Darlène Boukandou Nzamba, le directoire du parti a fermement rappelé les règles internes encadrant les départs de ses membres. Objectif : reprendre la main face à une actualité qui menace son unité et l’effritement de sa valeur dans le paysage social.

Depuis plusieurs semaines, les annonces de défection se succèdent, souvent relayées sur les réseaux sociaux et dans certains médias. Un climat de flottement que le PDG entend désormais contrer par la force de son règlement. Se référant à l’article 1er, alinéa 13, de la Constitution gabonaise qui consacre la liberté d’adhésion ou de retrait d’un parti politique, le PDG insiste cependant sur la nécessité de respecter scrupuleusement les procédures internes.

Et celles-ci sont précises. L’article 53 de son Manuel de Procédure de la Commission Centrale de discipline stipule que toute démission doit être individuelle et exclut formellement les retraits collectifs, jugés « irrecevables ». De plus, selon l’article 54, une lettre de démission ne peut être valide qu’après avoir été déposée auprès du Secrétaire fédéral du comité concerné, avec accusé de réception, puis examinée par la Commission Centrale, seule habilitée à délivrer un quitus.

Dans ces conditions, le PDG juge que les récentes démissions médiatisées seraient juridiquement inopérantes, n’ayant pas respecté les formes prescrites. Une manière pour le parti de délégitimer ces départs, tout en affichant une volonté de fermeté dans un contexte interne troublé.

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Derrière ce rappel au règlement, c’est un message clair que le PDG semble adresser à ses militants tentés par la rupture : partir, oui, mais pas sans en assumer les conséquences et les devoirs statutaires. Le parti évoque d’ailleurs la possibilité de prendre des mesures appropriées pour protéger l’intégrité de son fonctionnement, laissant entendre que des poursuites disciplinaires ne sont pas exclues.

Le PDG tente de montrer qu’il garde le cap malgré les remous. Mais la multiplication des départs traduit aussi une forme de malaise croissant au sein d’un parti longtemps hégémonique. Reste à savoir si les garde-fous réglementaires suffiront à colmater les brèches.

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