Samu Social Gabonais : précarité organisée et gestion controversée sous l’autorité de Wanceslas Yaba

À première vue, Wanceslas Yaba apparaît comme un bienfaiteur infatigable, un visage médiatique du Samu Social Gabonais vantant les vertus de l’action humanitaire. Pourtant, derrière cette posture d’altruisme, se cache, selon plusieurs témoignages concordants, une gestion brutale et autoritaire, marquée par une précarisation systématique des agents. Celui qui cumule les fonctions de Conseiller spécial du président de la République, chef de département santé et administrateur général du Samu Social, est aujourd’hui au cœur d’une controverse profonde sur sa manière de gérer cette structure publique.

Les témoignages issus du personnel dressent un tableau accablant : absence de contrats formels, licenciements abusifs, salaires payés avec retard, voire pas du tout, loyers impayés pour les logements de fonction, menaces et intimidations à répétition. Depuis plusieurs années, les agents du Samu Social dénoncent des conditions de travail indignes, incompatibles avec l’image publique que renvoie l’institution. Pire, certains affirment que la structure est gérée comme une entreprise familiale, sans aucune considération pour les normes administratives en vigueur.

Le point de rupture semble avoir été atteint avec l’introduction d’un contrat dit de « consentement éclairé », qui stipule que les agents ne sont plus en droit d’exiger une quelconque rémunération, puisqu’ils s’engageraient volontairement dans une activité humanitaire. Une aberration juridique et morale, dénoncent plusieurs sources internes, d’autant plus inacceptable qu’elle institutionnalise l’exploitation d’un personnel déjà fragilisé. Le versement des salaires devient ainsi une éventualité aléatoire, réduite à la formule cynique : « quand cela est possible ».

Pour justifier cette approche, Wanceslas Yaba avance que le Samu Social ne génère aucun revenu et fonctionne entièrement sur des prestations gratuites. Cet argument ne convainc ni les agents, ni une partie de l’opinion publique, qui estime que la structure ne saurait exister sans une dotation étatique ou un minimum d’encadrement légal des emplois. D’autant que les agents assurent des missions de terrain continues, jour et nuit, souvent dans des conditions difficiles, sans reconnaissance ni perspective d’évolution professionnelle.

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Face à cette impasse, plusieurs agents ont choisi la démission, acculés par l’épuisement moral et le mépris institutionnel. Beaucoup partent sans percevoir leurs indemnités, convaincus que ce contrat de « consentement humanitaire » n’était qu’un stratagème pour se défaire d’un personnel encombrant, devenu insoutenable à rémunérer dans les conditions actuelles. Une manœuvre qui, pour certains observateurs, relèverait d’une tentative de purge déguisée sous des habits humanitaires.

La question qui reste en suspens est celle de la responsabilité politique. Comment un haut conseiller du président, censé éclairer les choix de l’exécutif en matière de santé publique, peut-il être à l’origine d’une telle dérive managériale ? Le scandale du Samu Social révèle une fois encore la nécessité urgente d’une réforme de la gouvernance des structures publiques au Gabon, avec plus de transparence, de justice sociale et de respect des droits humains élémentaires.

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