Dans une Afrique où la fécondité demeure un critère fondamental de reconnaissance sociale, des milliers de femmes chrétiennes vieillissent dans la solitude, stigmatisées pour leur stérilité ou leur célibat prolongé. À l’intersection des impératifs religieux et des réalités culturelles, se noue une tragédie silencieuse que l’Église semble encore incapable de nommer, et donc de soulager. Ce texte, à la fois cri de détresse et appel prophétique, interroge les fondements dogmatiques qui condamnent la polygamie et diabolisent la sexualité hors mariage, tout en laissant s’étioler des vies marquées par l’exclusion et la douleur. Faut-il revoir la doctrine pour sauver le tissu social de l’effondrement ? Peut-on parler de justice divine sans affronter la souffrance criante de celles que la société et la religion ont relégué dans l’ombre ? Face à ces questions, une certitude émerge : Dieu ne doit pas mourir, c’est-à-dire que la foi ne peut rester sourde à la détresse humaine sans perdre son âme.
QUAND LA FIDÉLITÉ MÈNE À LA SOLITUDE
Au Gabon, plus de 75 % de la population se réclame du christianisme. Sur le papier, c’est une promesse de salut collectif, un billet inéluctable d’entrée vers le paradis. Mais derrière ce vernis de ferveur, une tragédie silencieuse se joue, invisible, ignorée, étouffée dans les larmes rentrées de milliers de femmes.
Ce sont des femmes droites, pieuses, élevées dans la crainte de Dieu. Des femmes qui, dès leur plus jeune âge, ont été nourries à la parole sacrée, bercées par l’idéal d’une pureté qui ouvrirait les portes de la bénédiction du mariage. Elles ont obéi. Elles ont résisté. Elles ont renoncé. À l’amour fugace, aux caresses interdites, aux tentations du monde.
Elles ont fermé les yeux sur leurs désirs, verrouillé leurs corps, ligoté leurs espoirs. Elles ont jeûné. Prié. Attendu. Avec foi, avec larmes, avec confiance. Pensant que le Seigneur leur enverrait, un jour, un époux : la prophétie que répétait le prophète, les responsables des mouvements ou encore les influenceurs religieux étaient pourtant certains, les révélations sur révélations étaient pourtant sans failles.
Mais les années ont coulé comme une rivière sans retour. Leurs ventres sont restés vides, leurs lits froids, leurs noms jamais murmurés par la voix d’un enfant. Cinquante, soixante, parfois soixante-dix ans. Et toujours rien.
Leur chasteté n’a enfanté que le silence. Leur fidélité, que la solitude. Leur vie est devenue un désert spirituel, affectif et charnel. Non par vocation, mais par condamnation sociale. Dans un pays où le mariage est devenu un luxe pour quelques rares hommes, où le chômage de la jeunesse est de plus de 35%, ou l’instabilité conjugale ronge le tissu social, où les femmes nombreuses attendent un avenir conjugal qui ne vient jamais.
Certaines ne sont pas vierges par choix mystique, mais par absence d’alternative. Elles ne sont pas sans enfant par malédiction divine, mais par injustice humaine. Et l’Église, leur mère supposée, les regarde passer, les bénit en silence, sans jamais questionner le système qui les sacrifie sur l’autel de la vertu.
Ce sont les saintes oubliées d’une foi qui leur promettait la vie, mais leur a imposé la croix du renoncement sans gloire.
C’était pourtant évident, Sarah a enfanté à plus de 90 ans, mais personne ne leur avait dit, et personne ne le dit encore que Dieu n’a pas encore fait grâce à une femme gabonaise ou une autre africaine de faire un enfant à plus de 55 ans. Et même si Dieu le faisait, car il en est capable, toutes les femmes chrétiennes dans la ménopause désireuses d’avoir un enfant après le mariage pour se consoler, doivent vraiment continuer dans la prière. Dites-leur que Dieu est bon pour tout le monde, mais qu’il fait grâce à qui il le veut, non pas à cause de nos longues et profondes prières, mais selon sa volonté.
En somme, ce n’est pas un appel au découragement, c’est un appel à la justice qui ne s’oppose pas à la grâce, mais qui nous rappelle constamment que nous sommes exactement là où nous devons être et nous avons exactement ce que nous méritons.
Dans la suite de ce texte, nous tenterons de comprendre :
- Le cout humain du célibat impose : la solitude, l’abandon, l’oubli
- Quand la doctrine oublie la compassion
- Des influenceurs religieux qui promettent trop, mais accompagnent peu
- Ouvrir deux pistes : la polygamie choisie et les unions responsables, sans ignorer l’adoption des enfants orphelins
- Pour une église fidèle à l’Évangile, non à la lettre morte
MA-OLOA-NZOUANGA Obed-Néo
Votre approche est purement littéraire mais dans une vision apologétique nous devons savoir comment rationaliser notre foi pour y parvenir à répondre aux défis sociétaux et sociaux pour inculquer une infiltration de la parole de Dieu dans un contexte africain tout en restant fondementiste et priser une éthique qui changerait les frasques et dérivés mais pour y arriver l église africaine doit organiser des colloques théologico scientifique
Je parlais de inculturation et non infiltration
Je crois avoir écrit sous inspiration biblique. Les faits sont réels. Cependant, j’approuve autant que vous, l’organisation des colloques théologico-scientifiques, quoique la théologie elle-même soit déjà définie comme étant une une science….
Les chrétiens pensent qu’ils sont les seuls qui connaissent et parlent de DIEU hors ce Dieu est dans toutes les cultures, il est lui-même à l’origine de plusieurs traditions spirituelles, la notion de la monogamie est une notion occidentale.
Dans la bible dite parole de dieu, il est dit qu’à alors ancêtres mythique de la bible aurait eut 2 femmes, Jésus qui est le Dieu des chrétiens aurait eut une femme.
Ce qui est vrai, nous méritons nos vies telles-que prédéfinis par nos choix, nous forgerons nous-mêmes notre propre destin, notre avenir.
Je partage à moitié votre avis car je reste convaincu que Dieu est vrai mais que ce sont les porteurs de sa parole qui tordent la vérité en leur faveur…et évidemment à notre désavantage.