À quelques jours d’un duel très attendu contre la Côte d’Ivoire, comptant pour les qualifications à la Coupe du monde 2026, le sélectionneur national Thierry Mouyouma affiche un calme stratégique, loin de toute euphorie ou pression excessive. Dans un entretien accordé au quotidien L’Union, le technicien gabonais a rappelé que si l’enjeu est important, il ne saurait résumer à lui seul le destin des Panthères.
« Le match contre la Côte d’Ivoire est important, crucial, mais pas décisif. Il nous restera deux rencontres derrière. Une victoire serait historique, car ce serait la première fois que le Gabon bat une équipe issue du chapeau un africain. Ce succès pourrait aussi créer un élan psychologique en vue de la prochaine CAN », a confié Mouyouma.
Le sélectionneur refuse de se laisser emporter par la dramaturgie d’un seul affrontement. Pour lui, la stratégie se construit dans la durée. En revenant sur le match aller, perdu par le Gabon, il a souligné que rien n’était encore scellé, d’autant que les Ivoiriens ont montré des signes de fragilité depuis. Le technicien insiste : l’objectif reste global. Il faudra aller chercher des points sur les quatre derniers matchs, sans relâche.
« Nous sommes toujours dans la course. Mais notre ambition ne se limite pas à battre la Côte d’Ivoire. Nous devons viser les quatre victoires pour garder notre destin entre nos mains et rêver, pourquoi pas, d’une première qualification historique à la Coupe du monde », affirme-t-il.
Depuis sa prise de fonction, Thierry Mouyouma s’évertue à rebâtir l’équipe nationale sur des fondations solides : rigueur tactique, discipline de groupe et renouvellement générationnel. L’homme s’impose comme un chef d’orchestre patient, mais déterminé, redonnant aux Panthères une identité de jeu cohérente et un mental compétitif. À ses côtés, une jeunesse montante, affamée, répond présent.
Dans un paysage footballistique gabonais souvent secoué par les turbulences institutionnelles, le discours posé, mais ambitieux de Mouyouma rassure. Il ne vend pas du rêve : il construit, étape par étape, un projet crédible. Et à mesure que les échéances approchent, les supporters, longtemps désabusés, recommencent à y croire. Un espoir prudent, mais vivace : celui d’un Gabon qui pourrait, pour la première fois de son histoire, goûter au parfum d’un Mondial.