Présidentielle 2025 en Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara brigue un quatrième mandat

C’est à travers sa page Facebook officielle que le président ivoirien Alassane Ouattara a annoncé, ce 29 juillet, sa candidature à l’élection présidentielle de 2025. À 83 ans, le chef de l’État entend prolonger une aventure politique entamée en 2010, malgré les appels à l’alternance, les controverses constitutionnelles et une fatigue démocratique qui gagne une partie de la population.

Cette déclaration, qui intervient dans un climat politique encore chargé d’incertitudes, ravive une interrogation majeure sur le continent : pourquoi tant de dirigeants africains s’accrochent-ils au pouvoir, parfois au mépris des principes républicains et de l’esprit des constitutions qu’ils ont eux-mêmes juré de respecter ?

Déjà en 2020, sa candidature à un troisième mandat avait suscité une onde de choc : manifestations, contestations de l’opposition, violences meurtrières… Le Conseil constitutionnel avait néanmoins validé sa participation au scrutin, au prix d’une controverse juridique et morale. Sa réélection s’était faite dans un climat de tension, mettant à mal l’image d’une démocratie apaisée.

En se déclarant à nouveau candidat, Alassane Ouattara justifie son choix par « l’appel du peuple ». Un argument souvent avancé par les tenants du pouvoir pour justifier leur longévité, mais qui, dans bien des cas, masque mal la volonté de verrouiller le système, d’affaiblir les contre-pouvoirs et de faire primer les intérêts personnels sur les impératifs de renouvellement politique.

Ce scénario, bien connu, ne se limite pas à la Côte d’Ivoire. Il s’inscrit dans une tendance lourde de l’Afrique francophone, où les révisions constitutionnelles à répétition, les mandats successifs sans fin et la personnification du pouvoir constituent les symptômes d’un modèle à bout de souffle. Du Tchad au Congo-Brazzaville, du Togo au Cameroun, le cycle semble se répéter inlassablement.

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Face à une jeunesse majoritaire, connectée, souvent exclue des cercles décisionnels, cette obstination des élites à se maintenir coûte que coûte risque d’accentuer la défiance envers les institutions. En l’absence d’alternance crédible, la démocratie devient façade, et la frustration populaire un terreau fertile pour l’instabilité, les coups d’État ou le rejet total de l’ordre républicain.

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