Eramet change de cap au Gabon. Le groupe minier français a nommé Clément Jakymiw directeur de la transformation de la chaîne de valeur. Cette décision arrive à moins de quatre ans de l’interdiction d’exporter du manganèse brut. Le gouvernement veut que le minerai soit désormais traité sur place.
Avec 7,4 millions de tonnes extraites en 2023, le Gabon est considéré comme le deuxième producteur mondial. Sous l’impulsion du Président Oligui Nguema, l’État veut que cette ressource serve à créer des emplois qualifiés, à former des compétences locales et à augmenter les recettes fiscales. Dans sa vision, le président parle d’un virage stratégique et d’un acte de souveraineté économique.
Lors d’une rencontre en juillet dernier, le directeur général d’Eramet, Paulo Castellari, a annoncé plusieurs engagements. Transformer localement deux millions de tonnes par an. Créer 16 000 emplois directs et indirects. Confier progressivement les postes de direction à des Gabonais. Rapatrier dans le pays les revenus tirés de l’exploitation.
La filiale Comilog dispose déjà d’un complexe métallurgique à Moanda et produit du silico-manganèse et de l’oxyde de manganèse de haute pureté. Ces produits alimentent l’industrie de l’acier et celle des batteries. Le défi pour Eramet est d’augmenter la capacité de transformation et d’adapter ses infrastructures en trois ans.

Pour le pays, cette politique signifie plus de valeur ajoutée sur son sol. Les retombées attendues concernent l’emploi, la formation et les recettes publiques. Les entreprises devront aussi s’adapter à cette nouvelle donne. Les investisseurs et les opérateurs locaux peuvent se préparer à répondre à la demande en services et en fournitures.
Le message envoyé par le Gabon est clair. L’exportation brute laisse place à l’industrialisation locale. Les ressources minières doivent devenir un moteur de développement. Les acteurs économiques sont invités à s’aligner rapidement sur cette orientation