À l’heure où le Gabon esquisse les premiers traits de son avenir post-transition, l’urgence d’une refondation économique devient manifeste. Dans ce contexte stratégique, un atelier de restitution, co-organisé par la Banque africaine de développement (BAD) et le gouvernement gabonais, s’est tenu récemment autour d’une étude capitale intitulée : « Vers une transition réussie et une stabilité durable au Gabon : défis et opportunités ».
Derrière le protocole et les discours, l’enjeu est clair : il ne suffit plus de stabiliser les institutions, il faut désormais inventer un nouveau modèle de développement. Un modèle capable de rompre avec la dépendance historique aux ressources extractives et de bâtir une économie diversifiée, résiliente et inclusive.
Le diagnostic posé par l’étude est sans équivoque : la rente pétrolière ne saurait constituer l’ossature d’un avenir durable. Pour opérer sa mutation, le Gabon doit miser sur son secteur privé national et stimuler des secteurs à fort potentiel : agriculture durable, agro-industrie, écotourisme, pêche et économie numérique.
Nouridine Kane Dia, responsable du bureau pays de la BAD, l’a rappelé avec force : « L’étude offre une orientation claire pour guider les interventions des partenaires du développement au-delà de la transition. » Il s’agit dorénavant d’organiser l’action publique et privée de manière cohérente et structurée, loin des politiques fragmentées du passé.
Le message a été pleinement relayé par Alexandre Barro Chambrier, vice-Premier ministre, ministre de la Planification et de la Prospective, pour qui le moment est venu de repenser en profondeur les bases économiques du pays et de moderniser ses institutions pour assurer une croissance équitable et durable.
Cette rencontre de haut niveau a également rassemblé d’autres membres du gouvernement et partenaires stratégiques : Mays Mouissi (ministre de l’Environnement et du Climat), Marie Paulette Parfaite Amouyene Ollame (ministre du Commerce et des PME/PMI), Adrien Mougougou (ministre de la Santé) ainsi que Sabina Ammassari (coordonnatrice résidente du Système des Nations Unies au Gabon).
Tous ont exprimé la même exigence : faire de cette transition une chance historique, et non une parenthèse vite refermée. Le Gabon entre dans une phase décisive. Le temps des diagnostics est révolu ; celui de l’action collective s’ouvre.