Le paiement des vacations des enseignants de l’Éducation nationale est effectif depuis hier sur l’ensemble du territoire. Attendu depuis plusieurs semaines comme une bouffée d’oxygène après l’effort consenti lors des examens de fin d’année, ce versement aurait pu être accueilli comme un soulagement. Mais pour de nombreux enseignants, il s’est plutôt transformé en une profonde source de frustration.
À la découverte des montants crédités, la déception est palpable. 3 500 FCFA, 5 000 FCFA, parfois à peine 2 300 FCFA, des sommes jugées dérisoires par ceux-là mêmes qui ont surveillé, corrigé, délibéré et parfois travaillé tard dans la nuit pour assurer la bonne tenue des évaluations nationales. Pour beaucoup, ces montants ne reflètent ni la charge de travail fournie, ni le niveau de responsabilité engagé durant cette période cruciale de l’année scolaire.
« On parle de plusieurs jours de surveillance, de piles de copies à corriger, de pressions administratives et parfois même de frais personnels engagés pour se rendre sur les centres d’examen… et au final on nous verse à peine de quoi payer un transport ou un repas », confie un enseignant du secondaire, amer.
Au-delà de la question financière, c’est surtout un sentiment de dévalorisation du métier qui transparaît. Les vacations sont censées reconnaître un travail supplémentaire, accompli souvent au détriment du repos, de la famille et parfois même de la santé. Lorsqu’elles prennent la forme de montants symboliques, elles deviennent non pas un encouragement, mais un message perçu comme méprisant.
Cette situation relance une fois de plus le débat sur la place accordée aux enseignants dans les politiques publiques. Alors que le discours officiel met régulièrement en avant le rôle central de l’éducation dans le développement du pays, la réalité vécue sur le terrain semble raconter une toute autre histoire : celle d’un corps enseignant épuisé, peu considéré et régulièrement confronté à des décisions perçues comme injustes.
Pour plusieurs enseignants, ce paiement des vacations, loin d’apaiser les tensions, risque au contraire de raviver, de maintenir les frustrations et de renforcer le malaise de grève générale déjà profond qui affecte le système éducatif.