Le processus électoral gabonais franchit une étape déterminante avec l’ouverture officielle, ce lundi 28 juillet, des dépôts de candidatures en vue des élections législatives et locales prévues courant 2025. Dans un climat de recomposition institutionnelle marqué par les réformes de la transition politique, cette phase marque le coup d’envoi formel d’un scrutin attendu et aux enjeux multiples, tant pour les forces en présence que pour la consolidation démocratique du pays.
Le ministère de l’Intérieur, garant du cadre organisationnel, a publié les modalités pratiques encadrant cette étape. En application du Code électoral révisé, les candidats doivent constituer un dossier comprenant notamment une déclaration de candidature, un extrait de casier judiciaire et un certificat de nationalité gabonaise. Les candidats indépendants devront également produire une attestation de parrainage, tandis que les partis politiques doivent joindre une délibération interne attestant la désignation de leurs représentants. Le dépôt reste conditionné au paiement d’une caution fixée par décret, dont le montant varie selon le type de scrutin.
Ce processus s’inscrit dans un climat de vigilance accrue. La Commission Nationale d’Organisation et de Coordination des Élections et du Référendum (CNOCER) a réaffirmé sa volonté d’assurer un scrutin « libre, équitable et transparent ». Dans cette perspective, la présence attendue d’observateurs internationaux, notamment de l’Union africaine et de la CEEAC, devrait contribuer à renforcer la crédibilité des opérations électorales, à un moment où la confiance citoyenne reste à consolider.
Au-delà des procédures, ces élections sont perçues comme un test politique majeur. D’un côté, elles redessineront la carte des représentations à l’Assemblée nationale, avec un enjeu central : la réaffirmation ou la remise en cause de la majorité présidentielle. De l’autre, elles détermineront la gouvernance des collectivités locales, au moment où la décentralisation est appelée à devenir un levier central de la modernisation de l’État. Pour les partis en lice, la bataille électorale s’annonce intense, entre enjeux locaux, luttes d’influence et volonté d’incarner le renouveau.
La période qui s’ouvre, jusqu’à la clôture des dépôts de candidatures, sera donc scrutée de près par les acteurs politiques, les électeurs et les partenaires du Gabon. En toile de fond, la transition vers la Cinquième République imprime une dynamique inédite à ce cycle électoral, avec l’ambition de redéfinir les rapports entre institutions, citoyens et territoires.