Orientation en 6e : la colère des parents face à « l’amateurisme » du SOSUP

Depuis la publication des orientations des élèves admis en 6e, la colère gronde. Des centaines de parents dénoncent un système amateur et opaque, où le choix d’établissements de leurs enfants sont ignorés au profit d’affectations arbitraires et lunaires. Dans les couloirs du siège du Secrétariat d’Orientation Scolaire Universitaire et Professionnelle (SOSUP), la tension est palpable. Dossiers en main, les familles excédées exigent des réorientations immédiates, à quelques jours seulement de la rentrée.

Les témoignages se multiplient et révèlent l’absurdité des affectations. Une mère, résidant à Akanda, raconte que ses enfants ont été envoyés vers un établissement dont elle ignore même la localisation. Sur Facebook, une autre s’indigne : sa fille de 10 ans, scolarisée et examinée à Libreville, est miraculeusement rattachée à une école située à Port-Gentil. Des situations ubuesques qui interrogent sur la fiabilité de la nouvelle plateforme numérique mise en place.

Le ministère de l’Éducation nationale vante pourtant son outil « e-Formation.net », censé moderniser le processus. En réalité, cette application devient un cauchemar pour les parents. Derrière la promesse de rationalisation, des affectations incohérentes plongent des familles entières dans l’angoisse. Certains élèves se retrouvent éloignés de leur domicile, d’autres affectés dans des établissements privés sans prise en charge de l’État. Une inégalité de traitement qui nourrit un profond sentiment d’injustice.

Face à la contestation, le secrétaire permanent du SOSUP, Jérémie Mikombo, rappelle la règle : le public d’abord, le privé en cas de saturation, parfois financé par l’État. Mais ses explications n’apaisent pas les esprits. Les parents rétorquent qu’ils ont suivi la procédure, choisi des établissements, et que leurs demandes ont été balayées sans justification. Pour beaucoup, ce système ressemble moins à une orientation qu’à une loterie administrative.

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Au fond, le problème est connu. Le Gabon manque cruellement d’écoles publiques. À peine 811 contre 2 285 établissements privés. Ce déséquilibre structurel alimente les crises récurrentes dans l’éducation nationale. Tant que l’État n’investira pas massivement dans de nouvelles infrastructures scolaires, les orientations resteront chaotiques et les injustices se répéteront. La crise actuelle n’est que le symptôme d’un système scolaire à bout de souffle.

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