Nigeria : Au moins 150 morts dans les inondations dévastatrices à Mokwa

Mokwa, ville du centre-nord du Nigeria, a été le théâtre d’un drame d’ampleur tragique dans la nuit du mercredi 28 au jeudi 29 mai 2025. Une pluie torrentielle, d’une rare intensité, a provoqué des inondations massives, causant la mort de plus de 150 personnes, la disparition de plusieurs dizaines d’autres et le déplacement d’au moins 3 000 habitants, selon un premier bilan encore provisoire.

En l’espace de quelques heures, les eaux ont envahi les habitations, submergeant routes, ponts et quartiers entiers. Pris de panique, les habitants ont fui leurs maisons dans la nuit, parfois sans rien emporter, pour tenter de se mettre à l’abri. Deux ponts et deux axes routiers majeurs ont été emportés, isolant partiellement la ville. Les équipes de secours, appuyées par des volontaires locaux, poursuivent les recherches à la main, armés de pelles, de pioches ou à l’aide de cordes, dans l’espoir de retrouver des survivants ou de récupérer les corps.

Les pertes humaines sont considérables, mais les dégâts matériels sont tout aussi dévastateurs. Des habitations, des commerces, des lieux de culte et de nombreux édifices publics ont été engloutis. « Nous avons tout perdu », témoigne Mohammed Tanko, un jeune rescapé de 29 ans, qui dit avoir vu 15 membres de sa famille disparaître dans les eaux. Les quelques habitations encore debout sont lourdement endommagées et inhabitables.

Ce n’est pas la première fois que le Nigeria est confronté à de telles tragédies. Le pays, qui connaît chaque année une saison des pluies particulièrement intense, a déjà payé un lourd tribut. En 2022, les inondations avaient fait plus de 500 morts. En 2024, une autre vague de pluies diluviennes avait causé plus de 1 200 décès et le déplacement de près de 1,2 million de personnes. Des catastrophes qui s’inscrivent dans une tendance climatique alarmante, accentuée par le changement climatique, la déforestation et des infrastructures vétustes ou inexistantes.

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Les autorités locales dénoncent une situation largement évitable. Le manque de systèmes de drainage efficaces, l’urbanisation incontrôlée, l’occupation illégale des berges et le rejet massif de déchets dans les canalisations sont pointés du doigt comme autant de facteurs aggravants. Le président nigérian Bola Ahmed Tinubu a appelé à un renforcement des systèmes d’alerte, à la modernisation des infrastructures urbaines et à une coordination plus efficace des secours.

Plus largement, cette tragédie pose la question de la vulnérabilité croissante des grandes villes africaines face aux catastrophes naturelles. Des villes comme Port-Gentil, Lambaréné ou Franceville, au Gabon, connaissent-elles aussi des inondations régulières en saison des pluies. Ces événements soulignent la nécessité de politiques urbaines plus résilientes, d’investissements massifs dans la prévention des risques et de la mise en place de mécanismes de protection sociale dans les zones les plus exposées. L’urgence est claire : sans anticipation ni action stratégique, les catastrophes naturelles continueront de se transformer en tragédies humaines.

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