Mitzic : un hôpital rénové, mais sans médecins

À première vue, l’hôpital de Mitzic, dans le département de l’Okano, a tout d’un symbole de modernisation sanitaire. Bâtiment fraîchement rénové, équipements flambant neufs, salles repeintes : l’infrastructure aurait pu incarner un véritable tournant pour cette commune du nord du Gabon, longtemps oubliée des grandes politiques publiques. Mais derrière cette façade rassurante, c’est le vide médical qui domine. Depuis le 1er mai 2025, le seul médecin affecté à l’établissement est absent, sans remplacement, laissant une population entière sans accès à des soins qualifiés.

Le droit à la santé, consacré par la Constitution gabonaise, ne se résume pas à la construction de murs. Il suppose un accès effectif à des soins de qualité, assurés par un personnel formé et présent. À Mitzic, les infirmiers dévoués, mais débordés, tentent tant bien que mal d’assurer la permanence des soins. Mais dans un contexte où les cas graves, les accouchements à risque ou les urgences médicales nécessitent un encadrement professionnel, leur engagement héroïque ne peut compenser l’absence prolongée d’un médecin. Cette carence chronique porte atteinte à un droit fondamental.

La situation de Mitzic n’est malheureusement pas un cas isolé. Elle reflète un malaise structurel plus large : celui d’une santé publique à deux vitesses, où les zones rurales et enclavées sont systématiquement reléguées au second plan. Alors que Libreville bénéficie de plateaux techniques et de praticiens spécialisés, les localités de l’intérieur du pays peinent à retenir voire à attirer les professionnels de santé. À cela s’ajoutent les conditions de travail souvent précaires, le manque de logement pour les médecins, et l’absence d’incitations financières ou de sécurité de carrière pour les pousser à s’installer en brousse.

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Il est temps de comprendre que rénover un hôpital sans personnel, c’est peindre un navire sans capitaine. Les populations n’attendent pas des inaugurations médiatisées, mais des soins accessibles, efficaces et humains. La transition politique actuelle au Gabon, portée par des promesses de refondation de l’État, doit intégrer cette urgence : garantir à chaque Gabonais, où qu’il vive, un égal accès à la santé. Cela implique un effort massif de redéploiement des ressources humaines, une révision des politiques d’affectation, et la mise en place de mécanismes d’incitation et de suivi.

Car derrière chaque lit vide à Mitzic, il y a une femme qui accouche sans assistance, un enfant fiévreux sans diagnostic, un vieillard qui souffre sans soulagement. Dans un État de droit digne de ce nom, l’abandon médical n’est pas un oubli : c’est une faute politique. Et face à la souffrance des siens, le silence institutionnel est un aveu.

Un commentaire sur « Mitzic : un hôpital rénové, mais sans médecins »

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