Me Marlène Fabienne Essola Efountame dénonce un « excès de pouvoir » du Barreau gabonais

La conférence de presse donnée ce samedi par Me Marlène Fabienne Essola Efountame, Conseil Juridique agréée en République gabonaise, s’est déroulée dans un contexte tendu, marqué par une vive controverse autour de l’usage du titre « Maître ». Installée dans son cabinet, la juriste a tenu à exposer publiquement les fondements légaux de sa position et à présenter sa réponse au courrier du Bâtonnier de l’Ordre des Avocats, qui l’accuse d’un usage indu de ce titre honorifique.

Dans son propos introductif, Me Essola a rappelé avec fermeté que la profession de Conseil Juridique n’est ni informelle ni ambiguë : « elle est reconnue et strictement réglementée par la loi n° 2/88 du 23 septembre 1988, qui encadre le statut et les modalités d’exercice des conseils juridiques au Gabon ». Elle précise exercer en parfaite conformité avec ces textes, notamment dans le cadre de ses interventions pour des entreprises telles que Satram et Egca, non pas en tant qu’avocate, mais en qualité de Conseil Juridique légalement inscrit. Pour Me Essola, la controverse actuelle découle non pas d’un vide juridique, mais d’une méconnaissance, volontaire ou fortuite, du statut des conseils juridiques par certains acteurs institutionnels.

Abordant le cœur du litige, Me Essola affirme qu’aucune disposition légale gabonaise ne réserve de façon exclusive et absolue l’usage du titre « Maître » aux seuls avocats. Elle qualifie la position du Barreau d’« excès de pouvoir », estimant que « l’Ordre des Avocats ne dispose d’aucune base normative lui permettant de réglementer ou de sanctionner l’usage du titre par d’autres professions juridiques ».

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Selon elle, les règles encadrant la profession libérale de Conseil Juridique relèvent exclusivement du Ministère de la Justice, autorité de tutelle. Elle évoque ainsi un conflit de compétence institutionnel, qu’elle décrit comme le véritable enjeu juridique de cette affaire.

Une saisine du Ministère de la Justice imminente

Interrogée sur une éventuelle saisine formelle du Ministère de la Justice, Me Essola confirme avoir déjà préparé un courrier en ce sens. Elle indique s’être déplacée au ministère pour procéder au dépôt physique du document, avant de se heurter à une fermeture exceptionnelle du service administratif concerné. Elle précise toutefois que la saisine est prête et sera déposée conformément aux règles en vigueur, dans l’objectif d’obtenir un arbitrage institutionnel clair et définitif.

La juriste affirme également avoir transmis une réponse au Bâtonnier par voie électronique. La version officielle, en format papier, sera quant à elle transmise lundi par acte d’huissier, conformément au principe du « parallélisme des formes », afin de garantir la régularité procédurale de l’échange.

Me Essola a lancé un appel solennel au Ministère de la Justice, lui demandant de clarifier la portée juridique de l’usage du titre « Maître » pour éviter l’escalade de conflits entre professions réglementées. Elle a insisté sur la nécessité de préserver la cohérence institutionnelle et la sécurité juridique dans un secteur où les compétences de chacun doivent être strictement définies et respectées.

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