L’ONG ACDL à Akanda : entre Préservation de la nature et développement économique local

C’est une nouvelle étape dans la lutte pour un développement durable et inclusif que vient de franchir l’ONG Actions Citoyennes pour le Développement Local (ACDL), à travers la création officielle de la Coopérative des femmes pêcheuses du Nord d’Akanda, baptisée « Lambi la Mboka ». Forte d’une cinquantaine de membres, cette organisation a reçu son agrément des mains de la Direction générale du Développement rural, lors d’une cérémonie placée sous le sceau de l’engagement communautaire.

À l’origine de cette dynamique locale, Jacques Mathias Manganguela, secrétaire général d’ACDL, conseiller municipal d’Akanda (2018-2023) et expert en stratégie industrielle et planification, mobilise depuis plusieurs mois les partenaires autour du projet COMER-SO. Cofinancé par le PNUD et le programme GEF/SGP, ce projet vise à préserver durablement les ressources halieutiques, notamment les couteaux de mer, en promouvant une pêche responsable. Il intègre une approche scientifique, patrimoniale et sociologique, avec une diversification des activités : transformation des produits de la mer, confection de bijoux issus du littoral, production d’huiles naturelles.

Entre préservation de la biodiversité et résilience économique, ACDL entend démontrer qu’un autre modèle de développement est possible. L’ONG s’aligne sur les Objectifs de Développement Durable (ODD) et les priorités gouvernementales en matière d’inclusion, d’économie locale et d’environnement. La commune d’Akanda, bien qu’enclavée par les dynamiques urbaines de Libreville, recèle un potentiel écologique et culturel considérable. C’est sur ce terreau que l’ONG entend bâtir une économie circulaire centrée sur les femmes, les familles et les savoirs locaux.

Mais les défis sont de taille. Entre changement climatique et pression anthropique, l’écosystème d’Akanda est menacé. « L’érosion côtière et la destruction des mangroves fragilisent les habitats et compromettent les sources de revenus traditionnelles », alerte Jacques Mathias Manganguela. À cela s’ajoute la perte progressive des savoirs ancestraux et des pratiques qui permettaient autrefois de vivre en équilibre avec la nature. La prolifération anarchique des constructions dans les zones humides illustre ce désalignement entre développement urbain et respect de l’environnement.

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Dans ce contexte, la démarche d’ACDL se veut pragmatique et tournée vers l’avenir. La nature n’est pas un décor : elle est le socle d’un développement territorial durable. L’ONG appelle à une planification locale fondée sur un diagnostic environnemental précis. Alors que la commune d’Akanda se prépare à renouveler sa gouvernance, la protection de la biodiversité doit devenir un axe central de l’action publique. Pour ACDL, la réponse réside dans l’endogénéité des solutions : valoriser les ressources locales, renforcer les capacités des communautés, et articuler écologie et économie.

En s’impliquant activement dans la structuration des filières artisanales et halieutiques, ACDL entend démontrer que développement et durabilité peuvent aller de pair, si la volonté politique rejoint l’expertise citoyenne. Le combat pour un Akanda résilient est lancé et il est d’abord mené par ses propres enfants.

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