Depuis le 28 juillet 2025, Libreville abrite une formation régionale des formateurs sur l’Enquête Harmonisée sur les Conditions de Vie des Ménages (EHCVM), un outil clé pour mesurer la pauvreté et guider les politiques publiques. Organisée dans le cadre du Projet d’Harmonisation et d’Amélioration des Statistiques en Afrique de l’Ouest et du Centre (PHASAOC), cette session est soutenue par la Banque mondiale, en partenariat avec les Commissions de la CEMAC et de l’UEMOA.
C’est la ministre gabonaise de la Planification et de la Prospective, Louise Pierrette Mvono, qui a procédé à l’ouverture officielle des travaux. Durant cinq jours, les participants, notamment des experts issus des pays membres des deux espaces communautaires, plancheront sur les outils, méthodologies et normes de collecte statistique. La représentante résidente de la Banque mondiale a salué cette initiative, qu’elle considère comme essentielle à l’élaboration de politiques publiques fondées sur des données fiables et comparables.
L’UEMOA, déjà expérimentée dans la mise en œuvre de l’EHCVM, partage son savoir-faire avec la CEMAC, qui en est à sa première phase. Nicolas Beyeme Nguema, commissaire CEMAC en charge des Politiques Économiques, Monétaires et Financières, a reconnu le retard accusé par son espace : « Cette formation constitue un jalon décisif pour combler ce décalage et assurer un déploiement efficace des opérations de terrain. » Il s’agit de la dernière étape avant le lancement concret des enquêtes dans les pays concernés.
Au programme : standardisation des méthodes, maîtrise des technologies de collecte numérique (CAPI), dispositifs de contrôle qualité, et organisation logistique du terrain. L’objectif est de doter les instituts nationaux de statistiques de chaque pays d’outils techniques homogènes, afin d’obtenir des données robustes sur les conditions de vie des ménages. Ce processus vise aussi à renforcer la convergence statistique entre les deux sous-régions, une condition nécessaire à une coopération économique et sociale plus cohérente.
La session de Libreville s’achèvera le 1ᵉʳ août par l’adoption de recommandations techniques et opérationnelles. En toile de fond, une ambition partagée : bâtir une base de données harmonisée, indispensable à une planification efficace et équitable du développement. Pour la CEMAC et l’UEMOA, cette synergie statistique soutenue par la Banque mondiale constitue un levier stratégique vers des politiques publiques plus éclairées et mieux ciblées.