Alors que le pays s’apprête à tourner définitivement la page de la transition, la proposition de mettre en place une Commission vérité, justice et réconciliation revient au cœur du débat politique. À l’origine de cette demande : Alain-Claude Bilie-By-Nze, président de la plateforme « Ensemble pour le Gabon » (EPG), qui avait déjà érigé cette proposition en axe majeur de sa campagne électorale avant la présidentielle du 12 avril 2025.
Alain-Claude Bilie-By-Nze n’est pas seul à plaider pour cette initiative. Avant lui, Vincent Moulengui Boukossou, leader de la Coalition pour la Nouvelle République (CNR), s’était fait l’écho de cette exigence avant le début de la campagne de l’élection présidentielle du 12 avril dernier, insistant sur la nécessité d’une démarche de vérité pour panser les plaies du passé politique gabonais. Plus récemment encore, Gérard Ella Nguema, pourtant député de la Transition et président du Front Patriotique Gabonais (FPG), a rejoint ce plaidoyer collectif en faveur de la mise en lumière des événements marquants du régime déchu, notamment les violences post-électorales de 2016.
Le sujet, perçu comme sensible pour certains, suscite l’adhésion d’une partie importante de la classe politique opposée à Brice Clotaire Oligui Nguema et de nombreux citoyens activistes, désireux de voir émerger un véritable processus de justice réparatrice au Gabon.
Interpellé à ce sujet, Brice Clotaire Oligui Nguema, alors président du Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI), avait évoqué les contraintes temporelles comme principal frein à l’instauration immédiate d’une telle commission. Il avait souligné que la mission de la Transition ne pouvait prétendre « régler tous les problèmes », un argument compréhensible au regard des urgences institutionnelles du moment.
Aujourd’hui élu président, même s’il n’a pas encore prêté serment, Oligui Nguema est de nouveau attendu sur cette question brûlante. Sera-t-il enclin à répondre favorablement à cette demande de vérité et de réconciliation nationale ? Le flou demeure, mais l’insistance croissante de certains acteurs politiques et d’une frange de la société civile laisse présager que cette revendication pourrait bien devenir l’un des prochains grands défis du nouveau septennat.
Dans un contexte où la reconstruction de la confiance entre l’État et les citoyens est vitale, l’émergence d’une Commission vérité, justice et réconciliation pourrait constituer un signal fort en faveur d’une nouvelle ère démocratique au Gabon.