Selon le quotidien L’Union, une vaste opération de contrôle a été menée récemment à Franceville dans plusieurs débits de boissons, à l’initiative du procureur de la République, Emery Belline Ongouori Lekogo. Résultat : 150 jeunes ont été interpellés, dont plusieurs mineurs, présents dans des bars, snacks et autres lieux nocturnes.
Cette rafle spectaculaire remet en lumière un phénomène préoccupant : l’accessibilité croissante de l’alcool chez les jeunes Gabonais, et ce dans les neufs (9) provinces du pays en dépit des réglementations existantes. Il devient presque banal de voir des adolescents fréquenter des lieux où l’alcool coule à flots, parfois dès la sortie des cours, certains « bars » se trouvant à quelques mètres seulement des établissements scolaires.
Le Gabon détient un triste record, il est le premier consommateur d’alcool en Afrique centrale, selon un rapport de l’OMS (2018), avec une consommation moyenne de 26,5 litres d’alcool pur par an et par habitant chez les buveurs. Une statistique qui interpelle, d’autant plus que cette consommation touche de plus en plus les jeunes.
Chaque fin de semaine, les scènes se répètent. Des attroupements de jeunes dans les lieux de divertissement où l’alcool est présenté comme l’unique exutoire. Ce phénomène est souvent aggravé par le manque d’infrastructures de loisirs sains et accessibles, poussant une jeunesse désœuvrée à trouver refuge dans les plaisirs éphémères de l’alcoolisation.
Face à cette réalité, l’État devrait mieux jouer son rôle de protecteur de la jeunesse. Il ne s’agit plus seulement de réprimer, mais de prévenir et d’encadrer, en régulant davantage les établissements, en sanctionnant les propriétaires qui servent des mineurs, et surtout, en investissant dans des alternatives éducatives et culturelles.