La campagne pour les élections législatives et locales de 2025 s’ouvre ce jour sur l’ensemble du territoire national. C’est une étape décisive, non seulement pour l’avenir de nos institutions, mais aussi pour la consolidation de notre vivre-ensemble. Dans ce moment où passions et ambitions se croisent, il appartient à chaque acteur du processus d’assumer pleinement sa part de responsabilité. Car, au-delà des joutes verbales et des calculs partisans, c’est l’image et l’avenir du Gabon qui sont en jeu.
Dès aujourd’hui et jusqu’au 26 septembre, veille du scrutin, le pays vibrera au rythme des meetings, des discours et des promesses électorales. Les candidats, issus de toutes les sensibilités politiques, iront à la rencontre des citoyens pour solliciter leur confiance. Ce rendez-vous démocratique constitue avant tout un temps d’échanges et de confrontation d’idées, où chacun doit démontrer sa vision pour les provinces, les communes et les arrondissements du Gabon de demain.
Mais cette effervescence électorale ne saurait masquer les dangers qui l’accompagnent. Une campagne, aussi exaltante soit-elle, porte toujours le risque de dérives. L’histoire récente rappelle combien les excès de langage, les invectives ou les discours de haine peuvent fragiliser la cohésion nationale et attiser des tensions dont le pays n’a nul besoin. C’est pourquoi un appel solennel à la responsabilité s’impose à toutes les parties prenantes.
Aux formations politiques, majorité comme opposition, il incombe de montrer de la maturité. Le débat électoral doit s’ancrer dans le fond, non dans l’attaque personnelle. Les citoyens attendent des projets crédibles, des solutions concrètes aux défis quotidiens : emploi, santé, éducation, sécurité. Convaincre par les idées, et non vaincre par l’invective, voilà le véritable enjeu d’une démocratie qui veut grandir.
À l’administration électorale revient une mission cruciale : garantir un processus transparent, équitable et crédible. Chaque étape, de la préparation du matériel au dépouillement, doit être menée avec une rigueur irréprochable. La confiance des électeurs dans le système est le socle même de la paix et de la stabilité post-électorales. Sans cette confiance, le résultat des urnes, quel qu’il soit, restera contesté et fragilisera l’ensemble du processus démocratique.
Aux électeurs enfin, il convient de rappeler que le pouvoir réside entre leurs mains. Le bulletin de vote n’est pas une formalité, mais une arme citoyenne. Il doit être utilisé avec discernement, loin des logiques clientélistes ou des promesses illusoires. C’est en choisissant en conscience, en évaluant la crédibilité des candidats et la pertinence de leurs programmes, que chaque Gabonais contribue à écrire l’avenir de sa localité et, plus largement, celui du pays.
À tous les candidats, enfin, il faut souhaiter courage et dignité. Se présenter devant ses concitoyens, c’est faire le choix de servir. Que cette campagne soit une fête de la démocratie, un espace de débat apaisé et constructif. Le soir du 27 septembre, au-delà des victoires individuelles, c’est le Gabon tout entier qui doit sortir grandi de cette épreuve. Car la seule victoire qui compte est celle de la République.